FRENCH BEE FARM
LA FERME APICOLE FRANÇAISE


Archives photos du jour mois d'avril 2004

Mercredi 7 avril 2004

Journée incroyable au niveau de la météo.
Pluie battante au réveil ce matin suivi vers 9 heures d'une grosse tempête de neige puis +9 degré et grand soleil dans l'après-midi.
Impossible d'ouvrir les ruches à cause d'un vent frais, je passe la journée à récupérer les couvre-cadres sur les différents emplacements et à modifier les palettes.
Malgré le vent, certaines abeilles arrivent à voler, il ne fait pourtant pas très chaud.
Les travaux se poursuivent concernant le déménagement du vieil entrepôt, nous pourrons bientôt commencer la construction de la nouvelle miellerie qui est prévue au mois de septembre.
Le terrassement est quant à lui prévu au début du mois de juin.



















Jeudi 8 avril 2004

Pas très chaud aujourd'hui non plus.
Un temps frais (+3 degré) et des petits flocons.
Pas moyen d'ouvrir les ruches pour prélever des abeilles.
Je fabrique des pâtés et je pars dans l'après midi pour les distribuer à celles qui en ont besoin.
A ma grande surprise, l'ensemble des ruches a consommé le pâté que je leur avais donné.
Sur les 368 ruches que je regarde, environ 300 sont très fortes, et recouvrent les cadres sur toute la largeur de la ruche.
Certaines ruches ont même fait disparaitre les deux pâtés que je leur avais donné il y a seulement quelque jours.
Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai vu aucune abeille rentrer avec des pelotes de pollen accrochées aux pattes, il faut dire que la météo n'est pas propice.

















Vendredi 9 avril 2004

Du mauvais temps toute la journée avec de la neige et du froid, guère plus de 3 degré cet après-midi.
J'en profite pour faire l'entretien de la batterie sur mon swinger (nettoyage des cosses).
Je commence également à gratter les 19 ruches mortes de cet hiver.
Je vais avoir besoin de 50 ruches vides pour mes paquets d'abeilles qui arrivent le 24 avril.
Jérémy, mon fils, m'aide également à gratter tous les couvre-cadres.
Je viens de réaliser qu'il va me manquer du matériel en raison du peu de mortalité de cet hiver, il va falloir loger les ruchettes dans des plus grosses ruches d'ici à 1 mois et demi.
J'ai donc du pain sur la planche pour tout préparer.
J'ai remisé mon laveur haute pression dans la chambre chaude pour éviter qu'il ne gèle.




Samedi 10 avril 2004

Toujours un temps magnifique aujourd'hui avec un froid glacial et du vent, impossible de nouveau d'aller dans les ruches.
Nous passons la journée à Winnipeg pour faire différents achats et notamment des arcs pour la chasse.
Hier, nous avons déménagés le laboratoire d'élevage de reines car le vieux bâtiment devrait être chargé sur le camion dans la semaine.
Il fallait donc tout débarasser.
Je vais utiliser ma caravanne comme laboratoire pour cet été.
Les oies (bernaches du Canada) continuent à monter vers le nord malgré le froid.
La semaine qui vient n'est pas annoncée chaude (une vraie semaine de Pâques), heureusement que mes abeilles ont toutes du pâté de pollen.
Je ne m'inquiète pas trop pour le froid car elles résistent très bien surtout quand elles sont fortes par contre les reines perdent du temps et ont dû stopper leur ponte.




Dimanche 11 avril 2004

Belle journée qui s'annonce mais toujours du froid à l'horizon.
Je charge les 2 citernes sur le camion, direction Darlingford.
Je passe la journée chez Peter Dillon à bricoler.
Les travaux de la miellerie avancent assez vite mais il reste pas mal de travail à faire.
Nous travaillons jusqu'à ce que le swinger tombe en panne.
Problème électrique ou problème de démarreur, pas évident à trouver la cause.
Nous arrivons avec peine à recharger le swinger sur la remorque en utilisant la pente du terrain et pas mal d'huile de coude.
Je viens d'apprendre que la frontière avec les États-unis allait réouvrir pour les importations de reines dès ce printemps.
Une grosse aiguille en moins dans le pied des gros apiculteurs de l'Alberta qui ne savaient plus ou trouver leur reines.




Lundi 12 avril 2004

Un petit peu de détente aujourd'hui avec nos arcs tout neuf.
Le fond de l'air est frais et nous empêche une nouvelle fois de visiter les ruches, la chasse aux dindes sauvages va bientôt ouvrir et nous essayons de nous entraîner pour nous habituer à nos arcs.
À notre grande surprise, et en moins d'une heure, nous arrivons à mettre toutes nos flèches dans un carré de 15cm sur 15cm.
Il nous faudra quand même un bon moment pour ajuster nos mires sur une distance de quinze mètres.
C'est une distance qui me paraît raisonnable étant donné que les dindes sauvages se laissent approcher assez facilement.
Un article intéressant à lire en anglais pour l'instant, la nouvelle réglementation au niveau de l'importation des reines depuis les Etats-unis vers le Canada qui vient juste de sortir sur le journal officiel canadien.




Mardi 13 avril 2004

Voici le moyen le plus efficace que j'ai trouvé pour localiser facilement du premier coup d'oeil, les ruches à problèmes au milieu des autres ruches.
Par exemple les ruches qui sont trop faibles (à renforcer) ou les ruches qu'il faut changer car trop abimées.
J'ai tout essayé depuis une vingtaine d'années (morceau de bois, caillou, branche, etc).
La seule chose qui marche très bien, c'est un morceau de "duct tape" ou scotch sur lequel il est facile d'écrire au feutre indélibile.
Tout apiculteur qui se respecte devrait avoir un rouleau de "duct tape" dans la voiture au cas ou.
Une fois collé sur un angle de toit, ça ne s'envole pas les jours de grand vent et les ratons laveurs ne cherchent pas à les enlever contrairement à un morceau de bois.
Il neigeait ce matin une fois de plus, le printemps a du mal à démarrer, c'est le moins qu'on puisse dire, heureusement la température a grimpé au-dessus de 10 degrés C. cet après midi et j'ai pu visiter un emplacement et prélever des cadres d'abeilles pour renforcer mes ruchettes.
A compter d'aujourd'hui, toutes mes ruchettes sont équilibrées.




Mercredi 14 avril 2004

Un petit retour en arrière avec une photo du hangard de Peter et des travaux de la miellerie et de la chambre chaude.
Les constructions, ici au Canada sont très simples à réaliser.
En général, les cloisons sont constituées par un sandwich de feuilles de contreplaqué à l'intérieur duquel se trouve la laine de verre.
Le cadre est fait en chevrons de 9cm X 4cm (stud) espacés d'environ 60 cm (2 pieds).
Le plus dur étant pour Peter de faire rentrer une structure carrée sous une structure voutée en perdant le minimum de place.
La température était de nouveau fraîche aujourd'hui (+5 degrés), accompagnée d'un vent frais, j'ai pu néanmoins travailler sur mes ruches dans un emplacement abrité, j'ai pu récupérer une vingtaine de cadres d'abeilles pour en faire profiter certaines colonnies en retard.
J'ai vu mes premiers faux bourdons aujourd'hui dans une ruche particulièrement en avance.




Jeudi 15 avril 2004

Voici la photo que m'a transmise Peter Dillon, elle a été prise hier à Fannystelle (40 kms ouest deWinnipeg).
Le fond du tonneau contient une farine à base de soja (protéine).
les abeilles viennent en grand nombre et repartent toutes couvertes de farine, il faut dire qu'il n'y a toujours pas de pollen naturel et que ces tonneaux sont une véritable bénédiction pour les colonies.
Les apiculteurs qui ne peuvent distribuer des patés de pollen sur chaque colonnie, procèdent de cette manière.
Encore faut-il que la température soit clémente pour que les abeilles viennent le chercher.
Le mauvais temps persiste et signe, 5 degrés avec un mélange de pluie, de grêle et de neige, la totale !!!
Je mets à profit ce mauvais temps pour nettoyer les ruches qui sont mortes pendant l'hiver et pour finir de préparer les ruches qui accueilleront les paquets d'abeilles, la semaine prochaine.
J'espère que le temps va se réchauffer d'ici là.




Vendredi 16 avril 2004

Le nettoyage et le grattage des ruches mortes n'est pas le travail que je préfère, loin de là.
Cette année, la chance est de mon côté car je n'ai pratiquement pas eu de perte, je m'estime heureux car si je compare cette année avec les années précédentes, il y a une grosse différence.
Je n'ai jamais eu des pertes hivernales inférieures à 20% depuis que je suis au Canada.
Le pire a été l'hiver 1999/2000 avec un pic à 33 % de pertes.
C'était mon premier hivernage en caveau, je n'avais aucune expérience en la matière puisque dans ma Savoie d'origine, j'avais (comme tout le monde en France) l'habitude d'hiverner mes ruches dehors depuis une vingtaine d'années.
130 ruches à gratter pour mon premier hiver, c'est quelque chose dont je me rapellerai longtemps.
J'attribuais cette perte record à mon inexpérience mais par la suite, j'appris que tout le Manitoba était touché et que mes pertes étaient relativement peu importante comparativement à certains apiculteurs.
C'était la première fois que cela se produisait au Manitoba, toute l'industrie avait connu une augmentation de la mortalité des ruches.




Samedi 17 avril 2004

Je me rappelle d'un meeting qui a réuni ce printemps là, à peu près tous les apiculteurs du Manitoba.
Tous avaient eu des pertes, y compris ceux qui hivernent dehors.
Le but de cette réunion était de trouver la cause de ces mortalités et comment y remédier mais personne au cours de cette réunion, n'apporta d'explication valable à ce phénomène.
Les uns parlaient de la pression que le varroa faisait subir aux colonies, les autres parlaient d'un problème génétique mais rien de vraiment solide qui pouvait justifier de tels ravages.
Ce phénomène s'est reproduit les années suivantes, les pertes se situant toujours dans une fourchette de 20 à 25 %.
En examinant les ruches mortes au printemps, on arrive souvent à déterminer la cause de la mort.
Certaines fois, c'est évident (manque de provision, diarrhée, etc...), mais parfois, il faut vraiment se gratter la tête un long moment pour arriver à un semblant d'hypothèse.
C'est vrai que de nombreux facteurs influent sur la qualité de confort des abeilles pendant cette longue période.
Je ne pourrais pas dormir en sentant mes abeilles dehors pendant les grosses tempêtes d'hiver lorsque la température descend jusqu'à - 50 degrés celsius avec le facteur vent.
Je suis intimement persuadé que le fait d'hiverner dans une ambiance calfeutrée avec une température stable et dans des conditions d'humidité correcte influent énormément sur la durée de vie des abeilles d'hiver. La suite demain.........




Dimanche 18 avril 2004

Splendide journée qui s'annonce, impossible de voir les maisons en face de la ferme à cause du brouillard, une journée de plus sans pouvoir regarder dans les ruches, je commence à accumuler beaucoup de retard dans mon travail.
Apparemment, la semaine qui vient s'annonce un peu meilleure, je vais peut-être me rattrapper.
Voici la photo de mon remplisseur de cadres en fonctionnement.
Je suis en train d'écrire une page web qui explique justement son mode de fonctionnement (disponible d'ici quelque jours).
Je disais donc que les hivers Canadiens sont bien plus durs que les hivers Européens.
Le confinement des abeilles dans un milieu clos pendant environ 5 mois exige beaucoup de surveillance et de soin.
Le travail commence à l'automne avec le nourrissement qui doit être massif.
Mes nourrisseurs sont tout à fait différents de ceux que j'avais en France, ils ont une capacité de 20 litres et si les conditions s'y prêtent, les abeilles les vident assez rapidement.
Le sirop contient de la Fumagilline pour éviter les problèmes de diarrhée, les abeilles étant recluses dans un tout petit espace n'ont donc pas la possibilité de faire des vols de propreté.
Sans ce médicament, l'hivernage au Canada serait impossible.
Les abeilles doivent passer l'hiver dans un endroit propre et sain au niveau de la qualité de l'air.
L'air que les abeilles respirent doit sentir bon et ne doit surtout pas avoir un goût de fermentation, ce qui signifierait que de la condensation se forme à l'intérieur des ruches rendant le sirop nocif à la consommation
L 'ennemi de la ruche, c'est l'humidité.
Un bon hivernage signifie un bon renouvellement de l'air à l'intérieur du caveau d'hivernage.
Des extracteurs d'air qui fonctionnent mal ou qui se mettent en route trop rarement, entraine une augmentation de l'humidité.
Les extracteurs doivent faire rentrer de l'air pur et sec de l'extérieur.
Les hivers Manitobains sont réputés froid et sec aussi faut-il trouver un juste milieu car bien souvent, l'air est trop sec à l'intérieur du caveau et je suis obligé de verser de l'eau sur le sol en ciment du caveau pour augmenter le taux d'humidité.
Les abeilles ont quand même besoin d'un peu d'humidité pour s'alimenter, le sirop serait trop sec et les abeilles auraient du mal à le consommer.
Demain.les entrées de ruche et la ventilation.




Lundi 19 avril 2004

Enfin du beau temps, je prépare ma remorque (mise en charge de la batterie, rechauffage du sirop) et 1 heure après, je pars sur mes emplacements ou je prélève sans peine une trentaine de cadres de couvain pendant toute l'après-midi.
Je peux ainsi en fin de soirée rajouter du couvain dans certaines ruches en retard.
Pour revenir à cette histoire d'hivernage, j'ai eu beaucoup de problèmes avec mes entrées de ruches les premières années en ce qui concerne la hauteur disponible pour le passage des abeilles et par voie de conséquence la hauteur disponible permettant la ventilation de l'intérieur de la ruche dans le caveau d'hivernage.
J'avais équipé mes ruches de fonds qui avaient trempé dans de la cire microcristalline bouillante.
Ceux-ci n'autorisaient qu'une ouverture de 12 mm.
Cette hauteur laissait passer les abeilles très facilement.
Le traitement à la cire microcristalline empêchait toute pourriture du bois, c'était l'idéal.
Les premiers ennuis sont arrivés dès le premier hiver.
Tout s'est très bien passé les deux premiers mois (novembre et décembre) jusqu'au mois de janvier ou j'ai commencé à apercevoir des coulures de sirop sur les entrées de vol de certaines ruches.
J'ai compris toute l'ampleur du problème lorsque j'ai ouvert mes ruches le printemps suivant.
De la moississure s'était formée sur les cadres de rive et le sirop avait commencé à fermenter.
Le problème venait à l'évidence des fonds de ruches qui empêchaient l'air de rentrer et interdisait à la condensation de pénétrer dans le bois.
J'ai donc modifié tous mes fonds de ruche en vue de rehausser la hauteur de l'entrée pour arriver à 24 mm au lieu de 12 mm.
Concernant la cire qui imprégnait le bois des fonds de ruche, impossible de s'en débarasser à 100%.
L'achat de 400 fonds supplémentaires en bois représentant un gros investissement, j'ai donc décidé de conserver mes fonds et d'utiliser un laveur haute pression générateur d'eau chaude pour enlever une bonne partie de la cire.
J'utilise depuis ces mêmes fonds et la circulation de l'air à l'intérieur des ruches est bien meilleure.
Concernant la ventilation et dans l'immédiat, je vous renvoie à ma page Hivernage




Mardi 20 avril 2004

Premier problème ce matin, non pas avec le vent mais avec un raton laveur, le toit avait été trainé sur un bon mètre.
Je vais, je crois, amener des pneus pour les poser sur les palettes afin d'empêcher les ratons laveurs d'accéder à l'intérieur des ruches.
Très belle journée en perspective avec un bon 14 degré d'annoncé, je vais pouvoir travailler correctement.
Peter arrive à 9 heures et nous fabriquons de quoi faire 300 pâtés de pollen.
Pendant ce temps, je mets en chauffe le sirop sur la remorque.
Vers 10 heures du matin, je pars vers un emplacement pour contrôler les ruches.
Les populations d'abeilles ont sérieusement diminuées depuis 20 jours que les ruches sont dehors, je dirais environ 50%.
Les vieilles abeilles d'hiver meurent les premières.
Au bout de deux semaines ne restent que les abeilles nécessaires pour soigner le couvain pondu par la reine et qui viendra remplacer les vieilles abeilles.
C'est un phénomène inquiétant, mais naturel.
On a l'impression que la ruche se vide de ses abeilles et ceci assez rapidement.
Heureusement, certaines ruches très fortes conservent quand même un bon nombre d'abeilles et c'est dans celles là justement ou je prélève des cadres pour pouvoir renforcer certaines colonies plus faibles.
Je prélève encore 13 cadres de couvain, ce qui permet de sauver 6 colonnies supplémentaires.
Gilbert, est venu réparer le swinger, celui-ci marche de nouveau à merveille, il a fallut complètement rebatir le démarreur.
Les emplacements sont trop chargès au niveau du nombre de ruches.
La proximité entraine le pillage, aussi je décide de bouger 24 palettes ce soir vers 3 autres emplacements (8 palettes par emplacement).
Ces déplacements de ruches se font sur courte distance (environ 5 kms), je charge mes palettes avec le swinger, ce qui prend a peu près 5 minutes et je décharge sur le nouvel emplacement aussi facilement.




Mercredi 21 avril 2004

Cette photo date de 2 jours, je suis en train de chercher des cadres de couvain de manière à équilibrer mes ruches, les trop fortes servant à renforcer les plus petites.
Il n'y a qu'une fois équilibré que je peux espérer faire un traitement anti-varroa efficace du moins avec l'acide formic, mieux vaut avoir des colonies de même taille, question de ventilation et de répartition de l'acide dans les ruches.
Aujourd'hui, le temps est ensoleillé mais un vent du nord souffle de l'air frais rendant toute manipulation impossible.
Je réussis tant bien que mal à donner du sirop à celles qui en ont le plus besoin.
J'utilise beaucoup mon remplisseur de cadres car c'est un moyen rapide de stocker du sirop chaud de chaque côté du nid à couvain et directement dans les alvéoles.
Les colonnies se sentent bien mieux avec du sirop chaud directement accessible sans passer par un nourriseur cadre.
Je ne tiens pas à utiliser des nourriseurs cadres lorsque je déplace des ruches car le sirop à tendance à couler même si je fais attention avec le swinger.
J'ai oublié de préciser hier que les premières pelotes de pollen étaitent visibles sur les pattes des abeilles, pas en grosse quantité mais suffisament pour pouvoir le voir..
C'est un évenement toujours important qui est le signe du début de la saison et qu'il faut absolument noter quelque part.
Après 5 mois et demi dans le noir et le froid, voilà que les choses redémarrent.
Les températures pour la semaine prochaine semblent excellentes (24 et même 26 degré), c'est de bonne augure pour les paquets d'abeilles qui arrivent d'ici quelques jours.




Jeudi 22 avril 2004

Grand soleil toute la journée mais beaucoup de vent.
La température a effectivement atteint les 13 degré mais en raison des forts coups de vent, il était très difficile de visiter les ruches.
J'ai quand même contrôler deux ruchers car hier je me suis retrouvé en panne de pâté de pollen.
Dans l'ensemble les ruches sont lourdes, seuls quelques cas isolés nécessitent une attention particulière en raison du nombre assez élevé d'abeilles qui mangent rapidement toutes les provisions.
Je profite de cette journée également pour diposer des pneus sur l'ensemble de mes palettes (1 pneu par palette), ceci afin d'éviter les problèmes avec les ratons laveurs et des toits soulevés par le vent.
Je dors plus tranquillement depuis que je mets ces pneus sur mes toits.
L'entreprise chargée de déménager mon hangard fait le forcing, ils ont l'intention de soulever le batiment dès demain, ils ont travaillé toute la journée d'arrache pied jusque très tard.
Le nouveau propriétaire était avec eux en train de prendre des dimensions.




Vendredi 23 avril 2004

Grand soleil toute la journée avec une température agréable, +10 degré.
Il me reste cette journée pour aller chercher mon matèriel car la semaine prochaine est annoncée très belle avec notamment 20 degré pour ce samedi.
Je pars vers Austin pour prendre livraison de 400 hausses chez Murray Lewis (un fabricant de matériel apicole), il y a environ 45 minutes de route, pas très compliqué mais j'ai quand même mis 4 heures pour les faire, je m'explique.
A environ 10 kms de Lourdes, des policiers immobilisent mon véhicule et commencent à l'inspecter sous tous les angles.
Après 1/2 heure de discussion et de palabre, je me retrouve avec une amende de 80 dollars et l'obligation de réparer une petite bricole sans quoi, ils m'interdisent de rouler.
Je les suis jusqu'au village le plus proche et je me retrouve dans un garage couché sous la remorque à reserrer l'écrou de l'attelage remorque.
Le temps de trouver une pièce et de réparer, je repars 1 heure après.
Quelle perte de temps et d'énergie, bref !!.
J'arrive à Austin vers 1 heure de l'après-midi pour m'apercevoir que Murray n'a pas fabriqué les 400 hausses de la bonne manière.
Résultat, je repars avec 150 toits de ruches flambant neufs et la promesse que mes hausses seront modifiées et livrées dans une quinzaine de jours.
Murray me confirme que les paquets d'abeille arrivent le 30 avril.
En résumé, une journée à oublier rapidement.




Samedi 24 avril 2004

La météo avait annoncé 20 degré et nous avons eu effectivement 20 degré, avec malheureusement un vent terrible de l'Ouest et des rafales à 70 km/h.
Obligé de changer mes plans car je ne peux pas ouvrir les ruches qui sont trop exposées au vent, je m'installe sur des emplacements situés en forêt.
Je visite 64 ruches dans la journée et je prélève 15 cadres, de quoi aider 7 colonies en retard.
Malgré le vent, les abeilles rentrent du pollen.
La chaleur aidant, la cire est moins cassante et je peux nettoyer le haut des cadres avec mon lève-cadre.
Une grande partie des ruches est forte ou sur le point d'être forte et risque bien, d'ici deux à trois semaines, de doubler de taille.
J'ai peur qu'avec le pissenlit qui arrive dans une quinzaine de jours, je me retrouve avec des problèmes d'essaimage, il va falloir mettre les bouchées double pour éviter ça, c'est à dire prélever un maximum de cadres le moment venu pour dégrossir les colonies.
Il me reste une trentaine de ruches à renforcer, c'est à dire pas grand chose comparativement aux autres années et nous ne sommes que le 24 avril.
Pendant que je visitais mes colonies, le hangard lui, a pris de l'altitude, il est maintenant surelevé d'environ 1 mètre et repose sur les poutrelles en acier.
Les ouvriers ont installés, sur l'arrière des poutrelles, des roues jumelées pour pouvoir le transporter sur la route, son départ est prévu pour lundi matin..




Dimanche 25 avril 2004

Pas extraordinaire, voilà le mot pour définir cette journée, des éclaircies, des gouttes de pluie, des nuages, et beaucoup de patience pour pouvoir contrôler mes ruchettes.
Je réussis tout de même à vérifier 65 ruchettes .
Les ruchettes sont populeuses mais quelque chose les empêche de démarrer.
Les reines viennent juste de commencer à pondre, vraisemblablement à la suite du 20 degré C. d'hier.
Je me gratte la tête un moment pour trouver la raison et je réalise que j'ai oublié quelque chose en installant ces ruchettes sur des palettes.
Le problème vient vraisemblablement du fait que mes ruchettes sont surelevés par rapport au sol et que la grille d'aération qui se trouve sous toutes mes ruchettes laisse rentrer trop d'air frais.
Jusqu'à présent, j'installais mes ruchettes par terre ce qui limitait l'entrée d'air, mais le fait d'avoir mis ces ruchettes sur des palettes permet à l'air frais de rentrer facilement.
Je dois modifier ça car il faut que mes reines aient chaud si je veux qu'elles commencent à pondre.
Je découpe des morceaux d'isolants que je vais aggraffer au dessous des ruchettes pour fermer ces entrèes d'air.
Lorsque je suis allé à Austin avant hier, je mes suis arrêté chez "Mac Gregor Wax", la compagnie qui transforme ma cire d'opercule en superbe pain de cire jaune.
Mac Gregor wax est une grosse compagnie qui achète la cire d'opercule un peu partout en Amérique du nord et qui la transforme en bougie, ce n'est qu'à 80 kms de chez moi.
J'ai acheté 2500 feuilles de gauffres en plastique, et pendant que Mike chargeait la palette, j'en ai profité pour photographier la presse à cire d'ou s'échappe des fumerolles de vapeur.
La cire brûlante passe dans des tuyaux et arrive sous ces gros pistons.
La cire n'est pas encore propre et il faut la filtrer, pour cela elle doit passer à travers des sacs spéciaux (toile pour trempolino), qui ont la propriété de ne rien laisse passer mis à part la cire.
Le système est très simple et fonctionne à merveille.




Lundi 26 avril 2004

J'ai passé ma journée à rectifier mes ruchettes, ça n'a pas été facile car il fallait les renverser pour agraffer des morceaux d'isolants mais j'y suis tout de même arrivé, les abeilles n'ont pas aimé ça du tout.
J'ai rajouté des bouteilles remplies de sirop, posées à l'envers sur chacune.
Il faisait beau aujourd'hui avec de la fraicheur ce matin et un bon 10 degré cet après-midi.
J'ai aperçu mon premier tracteur "John Deere" entrain de semer, c'est signe que la terre est prête pour la nouvelle saison.
Il y a toujours un risque de gel même à la fin avril.
Début mai, il y a 3 ans, nous avons eu un pied de neige (30 cm), une grande partie des semences avait gelé.
L'entreprise qui s'occupe de mon hangard, a enfin terminé son travail.
Le building est maintenant stationné devant la ferme et sera transporté jusqu'à St léon dès mercredi matin, j'ai fait des photos et des films plusieurs fois pendant la journée, histoire d'immortaliser ce moment, on ne déplace pas tous les jours un batiment de 250 m2.
Le contournement de mes batiments n'a pas été simple car le convoi était trop large, impossible de prendre la courbe à l'angle de mon atelier.
Il fallait donc faire glisser le batiment du côté Ouest pour pouvoir négocier la courbe.
Comment glisser un batiment de 250 m2 sur environ 3 mètres sur un côté.
Les gars ont passé une bonne partie de l'après-midi pour exécuter cette manoeuvre.
Ils ont de nouveau soulevé et posé l'ensemble du batiment sur une poutrelle métallique placée en perpendiculaire par rapport à l'alignement du convoi.
À l'aide de savon et de beaucoup d'huile de coude, la structure est finalement arrivée à glisser sur cette poutrelle et à se déplacer sur un des côtés.
Le reste de la manoeuvre s'est déroulé rapidement car il n'y avait plus qu'à aller tout droit.






Mardi 27 avril 2004

Très chaud aujourd'hui, +25 degré, une journée bien occupée pour moi-même et les abeilles, je visite une soixantaine de ruches.
Le pollen rentre, il fait chaud, les abeilles reviennent avec des grosses pelotes sur les pattes, ça fait plaisir à voir.
Avec le froid qu'il a fait depuis trois semaines, les colonies se sont dépeuplées (vieilles abeilles d'hiver).
Les reines ont pondues certes, mais le nombre d'abeilles naissantes ne suffit pas à combler le nombre d'abeilles qui disparait, certaines ruches ont du mal à refaire surface.
C'est une période stressante pour l'apiculteur surtout si le beau temps ne dure pas.
Hier soir, j'ai déplacé des ruches sur quelques kilomètres, histoire de répartir plus judicieusement mes abeilles un peu partout.
Garder tout au même endroit ne peut être qu'une solution temporaire, j'essaye de ne pas dépasser 8 palettes par emplacement.
La faute en revient aux inondations ce printemps qui m'ont couper l'accès à mes emplacements situées dans l'Est.
Dans un autre domaine, je souhaite mettre en place un partenariat avec plusieurs apiculteur dans le monde entier, dans le but de diffuser des photographies de techniques apicoles étrangères.
Les méthodes d'apiculture sont tellement variées et les apiculteurs tellement imaginatifs aux quatres coins du monde que partager des photos provenant d'horizons différents, peut être très enrichissant.
Je pense pouvoir contacter un apiculteur au Mexique, un autre au États-unis, un autre en Amérique du sud, et plusieurs en Europe.
Gilbert Duruz (Apiland), un apiculteur Suisse a tout de suite accepté de me faire parvenir régulièrement des clichés de ce qui se passe en Suisse.
Voici donc les premières photos en provenance du Valais (Suisse).
On y voit une ruche dadant blatt divisible ( 2 X 24 cadres de hausse) en plein milieu d'un verger, la ponte de la reine est assez impressionnante par sa régularité.
Les cerisiers, me dit Gilbert, ont terminé leur floraison.
Les pommiers commencent à fleurir en ce moment.
Quel monde de différence entre le Canada et la Suisse, ici la neige (par endroit) n'est pas encore fondue que là-bas l'herbe est déjà verte et les arbres en fleur, je ne pense pas me tromper en disant qu'il y a un mois et demi de différence entre le Canada et l'Europe.
En tout cas, l'école d'agriculture du Valais - Sion - organisait ce dimanche un cours d'élevage au rucher école, 35 personnes y participaient et ont suivi des cours dispensés par 3 spécialistes en élevage.
L'objectif final de ces cours est de monter au mois de juin des ruchettes en station de fécondation près du Col du Gd St Bernard.
J'espère que Gilbert m'enverra des photos le moment venu.
Il faisait beau en tout cas sur le Valais, le soleil brillait pour illuminer ce splendide centre de formation.








Mercredi 28avril 2004

Température agréable de grand matin, le soleil brille.
La météo a dû se tromper car elle avait annoncé de la pluie.
Je mets tout de suite en chauffe mon sirop et je pars dès que possible aux abeilles. J'ai un rucher qui attend ma visite depuis 14 jours , je dois impérativement le faire aujourd'hui.
Le vent se lève en cours de matinée pendant que je regarde mes colonies, il n'y a pas beaucoup d'activité sur les planches d'envol.
Les ruches sur cet emplacement sont belles et je peux prélever 9 cadres de couvain.
Vu l'importance du couvain operculé que je laisse en place, je pense qu'il y a de forte chance pour que ces ruches là débordent d'abeilles d'ici une dizaine de jours.
Lorsque j'arrive à la dernière palette, de gros nuages s'installent et la température chute rapidement.
Je m'empresse de terminer cet emplacement et de distribuer les cadres de couvain dans des ruches qui en ont besoin à plusieurs kilomètres de là, je repartis mes cadres à la course car le vent qui souffle de plus en plus fort est glacial et risque bien de tuer le couvain.
Ce n'est vraiment pas la meilleure manière d'introduire des cadres dans des ruches faibles, mais parfois c'est difficile de faire autrement.
Lorsque je rentre à la ferme, la grêle fait son apparition puis se transforme en tempête de neige.
Sur les photos, voici la méthode que j'utilise pour nourrir mes ruchettes.
Il s'agit de bocaux en verre de 2 litres que je retourne par dessus le trou de nourrissement.
Les couvercles sont percés d'une dizaine de trous.
La méthode fonctionne certes mais présente plusieurs désavantages :
- Les couvercles sont facilement propolisés par les abeilles ainsi que les trous dès que la bouteille est vide (les abeilles bouchent les trous dès que le sirop ne coule plus).
- Le sirop chauffe lorsqu'il fait soleil et refroidit la nuit.
- Impossible de nourrir avec un sirop médicamenteux (fumagilline à l'automne) car le principe actif ne supporte pas la lumière et perd toute son efficacité.
- Les couvercles sont collés avec le sirop et sont par la suite difficile à enlever.
Je n'utilise cette méthode que lorsque la météo m'empêche de visiter les ruchettes comme c'est le cas en ce moment.
En temps normal, j'utilise le remplisseur de cadres.
L'utilisation de cette méthode est parfaite pour une vingtaine de ruches mais trop longue à mettre en place pour 200 ruchettes comme dans mon cas.
L'usage des ruchettes en polystyrène devient de plus en plus courant même au Canada.
Le modèle de ruchettes BetterBee à 5 cadres est un concept très intéressant qui intègre un nourrisseur de 2 litres dans le fond de la ruchette.
Les abeilles ont accès directement au sirop sans se noyer et le remplissage du nourrisseur se fait par la porte d'entrèe à l'aide d'un pistolet sans ouvrir la ruchette.
Le sirop peut être distribué chaud et se trouve à l'abri à l'intérieur de la ruchette et à température ambiante.
Je serais très intéréssé de discuter avec quelqu'un qui aurait hiverner ce type de ruchettes pour savoir si de la condensation se forme à l'intérieur de la ruchette pendant la pose hivernale.






Jeudi 29 avril 2004

Contrairement aux prévisions, la météo est clémente et je peux visiter 2 emplacements, la température monte jusqu'à 14 degré..
J'ai déjà ramener une cinquantaine de ruches à la ferme, des colonies qui étaient orphelines ou qui n'ont tout simplement pas supporter les mauvaises conditions climatiques que nous avons eu.
Jusqu'à aujourd'hui les pertes de l'hiver s'élève à un peu plus de 12 %.
Lors de la sortie des ruches les 30 et 31 mars, nous n'avions ramener que 14 ruches mortes, les autres étaient bel et bien vivantes.
Depuis environ 3 semaines, une quarantaine de ruches supplémentaires sont mortes pour différentes raisons.
Je pense que c'est un bon résultat, sans doute le meilleur résultat que j'ai eu depuis 5 années au Canada.
Les 390 ruches restantes sont fortes ou sur le point d'être fortes.
Je n'ai patiquement plus de colonies faibles (environ 25) à renforcer.
De jeunes abeilles naissent tous les jours venant remplacer les vieilles abeilles d'hiver.
Les populations vont en augmentant et le beau temps, normalement est annoncé pour la semaine prochaine.
D'ici à une quinzaine de jours, il me sera possible de faire des colonies supplémentaires pour combler les pertes de l'hiver.
Le plus important dans ce mode de gestion des colonies étant d'avoir des colonies de même force pour pouvoir faire le traitement anti-varroa le plus efficacement possible et le plus rapidement possible (acide formique).
Il est hors de question de commencer le pissenlit avec des colonies contenant 7 ou 8 cadres de couvain.
Je pense garder 2 ruchers sans prélever de couvain pour pouvoir rajouter des hausses avant le pissenlit, et si possible produire un peu de pissenlit.

Quelques photos du hangard stationné devant la ferme et en route pour St léon.






Vendredi 30 avril 2004

Temps mi-figue mi-raisin, avec des eclaircies et des averses, température de 8 degré et même en dessous dans des endroits exposés au vent.
Je ne vais pas aux ruches, je préfère attendre la chaleur, de plus j'attends un coup de téléphone pour les paquets d'abeilles en provenance de Nouvelle Zélande.
Hier soir, il faisait nettement plus doux qu'aujourdhui, j'en ai profité pour déplacer des ruches, je suis rentré vers 10H30.
Sur cette photo vous apercevez un porc-épic, il faisait du bruit juste à côté d'un rucher ou j'étais entrain de travailler.
Il faut dire que dans les sous-bois, il y a beaucoup de feuilles sèches, impossible d'être discret, on entend tout.
A force de faire du tapage, je me suis approché pour voir de quoi il s'agissait
En me voyant venir vers lui, il a commencé à fuir mais il s'est vite fatigué et j'ai pu faire des photos assez facilement.
C'est peut-être une coincidence mais je me demande si ce n'est pas lui qui enleve mes réducteurs d'entrées.
En général, les spécialistes pour ce genre de méfaits sont les ratons laveurs ou les moufettes (bêtes puantes).
Dans tous les cas, il se trouvait juste à côté de l'emplacement.
Ce même emplacement ou j'avais un toit d'enlevé l'autre jour (voir photo du 20 avril).
En plein milieu d'après-midi., Murray Lewis me éléphone pour m'annoncer que les paquets d'abeilles sont arrivés avec quelques heures d'avance, je peux venir les chercher.
C'est un long voyage depuis la Nouvelle Zélande, il ne faut pas les laisser attendre.
Demain, la livraison des paquets d'abeilles.