FRENCH BEE FARM
LA FERME APICOLE FRANÇAISE


Archives "Photos du jour" mois d'Avril 2008


pate sur ruche
Des provisions à revendre

 

roue percee
Un cric efficace



ruche geante
Ça dépasse l'entendement



coussin plastique
Mes coussins isolants

Vendredi 4 Avril 2008

-3 degré ce matin et 6 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec très peu de vent.

Ça y est, nous avons enfin sorti les ruches du caveau ces trois dernières soirées.
Je n'ai pas pu faire de journal ces jours derniers car il faut dire que je suis fatigué.
Il reste encore 105 ruchettes double qui devraient faire leur sortie dès demain soir samedi.
Nous avons commencé mardi soir avec 24 palettes puis mercredi soir avec 28 palettes et enfin hier soir avec de nouveau 36 palettes.
La météo n'est pas encore très chaude puisque le thermométre descend allégrement en dessous de zéro pendant la nuit mais la journée heureusement, celui-ci remonte vers les 5 ou 6 degrés et nous permet de soigner les abeilles.
J'aurais pu attendre encore un tout petit peu puisque la chaleur à l'intérieur du caveau n'est jamais remontée en dessus de 10 degrés mais j'ai préféré sortir tout le monde et gagner ainsi quelques précieuses journées.
Voilà 5 mois tout rond que les abeilles étaient enfermées et il était grand temps de faire quelque chose.

Ces trois dernières soirées ont été assez héroiques puisque lorsque nous avions terminé de charger notre premier camion ce mardi soir, à la nuit tombée, nous nous sommes rendu compte avec Gerhard que les phares du camion ne marchaient pas, problème assez embarassant lorsqu'on doit parcourir de nuit, plusieurs kilomètres pour rejoindre les différents emplacements.
Comme de bien entendu, j'avais tout vérifié sauf le bon fonctionnement des phares, méa culpa.
Armé d'une lampe frontale et d'un testeur électronique, j'ai commencé par passer en revue tous les fusibles sans hélas trouver aucune défaillance.
Après m'être creusé la tête un bon moment en évoquant les pires scénarios, nous nous sommes aperçus tout à fait par hasard que le problème venait de l'interrupteur "code phare" qui se trouve, sur ce camion, à côté de la pédale d'embrayage, de la boue s'était glissée au niveau du contact et empêchait les connecteurs de coller.
En 5 minutes, tout était réparé, et nous pûmes partir pour notre premier rucher.
La soirée n'était pas terminé car vers 10 heures du soir, notre dernière palette déchargée, le camion a tout bonnement refusé de démarrer (panne de batterie)
Heureusement pour nous, j'avais demandé à Gerhard de conduire le camion jaune et de m'accompagner au cas ou un problème surviendrait avec le camion.
Etant donné l'âge de ce camion (1977), j'ai préféré prendre cette précaution et je dois dire que bien m'en a pris car étant donné le nombre d'habitant au kilomètre carré dans cette zone, nous étions bon pour coucher dans le camion.
Voilà pour la première soirée.

Je ne sort jamais la totalité de mes ruches en une soirée car je préfère les soigner au fur et à mesure le lendemain.
Le camion peut transporter 144 ruches à la fois, ce qui correspond au nombre maximum de ruches que nous pouvons soigner en une journée.
Ce mardi, nous avons donc sorti 96 ruches qui ont été rapidement soigné le mecredi puis mercredi soir, nous avons sorti à nouveau 112 ruches que nous avons soigné le jeudi après-midi et ainsi de suite.

De toute manière, les créneaux météo en journée sont tellement court que nous ne comptons que sur deux ou trois heures de temps pour faire notre travail, le restant de la journée étant trop froid pour faire quoi que ce soit au niveau des ruches.
Disons que c'est de la médecine apicole d'urgence, nous nous contentons de faire les choses les plus urgentes en réservant nos soins les plus attentionnés aux ruches qui en ont le plus besoin comme les ruches légères, par exemple.
Nous partons donc en début d'après-midi et vers 4 heures de l'après-midi grand maximum, nous retournons à la ferme.
C'est très court mais c'est suffisant pour évaluer le poids de chaque colonie, pour enlever le couvre-cadre sur chaque ruche et installer nos coussins isolants.
Nous distribuons également des pâtés de pollen à tout le monde.

La soirée de jeudi a été la pire de toute car Gerhard a trouvé le moyen de quitter la route pour atterir dans un fossé.
En pleine nuit et à 11 heure du soir, il a fallu réveiller un fermier tout proche pour nous tirer d'affaire.
Le camion jaune se trouvait en position instable et ne demandait qu'à rouler sur le côté.
La citerne de sirop remplie au trois quart poussait le camion dans le mauvais sens et s'il n'y avait pas une congère pour le retenir, je pense que le camion aurait fini sur le toit avec bien entendu les 600 litres de sirop dans le fossé.
Inutile de dire que j'étais très calme et que Gerhard a entendu des centaines de noms d'oiseaux tropicaux.
Fort heureusement pour nous, nous nous trouvions dans une zone ou le téléphone portable fonctionnait et il m'a été très facile de contacter les bonnes personnes.
En 20 minutes, le tracteur était là, et nous sortait de notre mauvais pas.
Nous n'étions pas au bout de nos peines car 30 minutes plus tard sur notre troisième emplacement, nous nous sommes aperçus que le pneu de la remorque du swinger était à plat et qu'il était impossible de ramener le swinger à la ferme.
Nous avons donc laissé le camion, la remorque et le swinger sur place en prévoyant de ramener le matériel nécessaire pour changer le pneu le lendemain (voir photo du milieu).

Côté ruche, c'est la grosse surprise avec très peu de perte (13,24%).
C'est de loin le meilleur résultat depuis que je suis au Canada et au bout de mon huitième hivernage longue durée.
Nous avons trouvé une quantité considérable de grosses ruches avec des abeilles d'un bord à l'autre de la ruche à tel point que nous avons dû refaire une autre volée de pâté de pollen car nous en manquions.
En effet, lorsque nous trouvons des ruches de cette taille, elles reçoivent obligatoirement 2 pâtés de pollen alors forcément, nous en avons passé de grosse quantité, Jérémy a même été obligé de nous ramener 4 sacs supplémentaires de BEEPRO de Winnipeg.
Je me demande toujours comment il est possible pour une colonie d'abeilles de passer 5 mois d'enfermement et de ressortir au printemps dans d'aussi bonnes conditions avec autant de provisions et d'individus, je suis admiratif !!!!
Comparativement aux autres années, c'est le jour et la nuit car non seulement les ruches sont très populeuses mais en plus elles sont extrêmement lourdes et n'ont besoin d'aucun nourrissement supplémentaires, que de temps de gagné !!!!!!.
Sur plus de 400 ruches, nous avons découvert moins d'une dizaine de ruches légères qu'il a fallu nourrir et environ une bonne vingtaine de faibles, ce qui est dérisoire.
Je suis très optimiste pour mes double ruchettes car elles ont été copieusement nourri l'automne dernier et devraient avoir passé l'hiver dans les mêmes conditions.
Je reste toutefois reservé car je sais par expérience que les populations diminuent considérablement les 15 premiers jours.
La suite bientôt !




Souvenir du caveau

 


Mr + de Balsen

 



On en mangerait

Dimanche 6 Avril 2008

-9 degrés ce matin et 6 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec très peu de vent.

Nous nous sommes réveillés hier matin samedi avec une nouvelle fois de la neige.
Il n'était pas tombé grand chose mais le paysage était de nouveau tout blanc et glacial à l'image de ce que nous avons enduré cet hiver.
Je ne m'inquiètes pas trop pour les ruches car je sais maintenant qu'elles sont fortes et qu'elles peuvent facilement résister à ces températures extrêmes.
Hier soir avec Gerhard, nous avons définitivement vidé le hangar d'hivernage et éteint les 5 ventilateurs.
Il règne maintenant un grand silence tout autour de la maison car il faut bien dire que les extracteurs d'air sont très bruyants et perturbent notre petit vie bien tranquille tout au long de l'hiver.
Je n'ose même pas imaginer le brouhaha continuel à l'intérieur du hangar avec 3 ventilateurs supplèmentaires tournant à plein régime.
Ce mode d'hivernage est sans aucun doute une méthode très stressante pour les abeilles plus habituées au calme des prairies qu'au vacarme électrique (voir dernière photo à l'intérieur du hangar).

Nos mésaventures ont continuées hier soir avec une panne du camion marron au beau milieu de la station service du village.
Jérémy, qui était rentré pour le week-end a été mis à contribution et nous a apporté des pinces à batterie que nous avons connecté au camion jaune.
Après plusieurs tentatives, nous nous sommes rendus compte que la batterie était morte et que nos pinces à batterie n'y changeaient rien.
La seule solution pour démarrer le camion marron était de le prendre en remorque.
Bien entendu, le poids du camion marron à pleine charge + sa remorque équipée du swinger est nettement supérieur à celui du camion jaune mais nous n'avions pas trente six mille solutions pour nous sortir du mauvais pas.
Jérémy n'était pas vraiment chaud à l'idée de tracter une masse aussi importante derrière lui mais il pris place dans le camion jaune et démarra progressivement.
Heureusement pour nous, la plateforme de la station service était vraiment horizontale et le camion marron se laissa tirer sans trop de mal.
A environ 20 mètres du point de départ, je relachai la pédale d'embrayage et des pétarades se firent entendre instantanément, le camion venait de démarrer.
Inutile de dire que nous avons gardé le moteur en route toute la soirée pour éviter une nouvelle surprise.
Dès lundi matin, j'améne ce maudit camion au garage pour tirer l'affaire au clair.

La transhumance de printemps est terminée avec une nouvelle fois des résultats spectaculaires.
Sur les 105 ruchettes doubles de la soirée, seules trois sont restées dans le hangar, c'est du jamais vu à la ferme apicole française.
Bien évidemment, il nous reste à contrôler chaque compartiment pour vérifier la présence des reines mais dans l'immédiat, le bilan est largement positif puisque la presque totalité des ruchettes a survécu à l'hiver.

Depuis que je fais de l'apiculture, je crois que je n'ai jamais eu aussi peu de pertes (2,8%).
Là aussi, je préfère garder la tête froide et attendre les résultats finaux car au printemps, bien des problèmes peuvent survenir.

La météo s'améliore considérablement cette semaine puisque le thermomètre devrait allègrement dépasser les 10 degrés plusieurs jours de suite.
Tous les emplacements sont équipés avec des distributeurs de pollen et nous devrions voir dès mercredi après-midi une intensification de l'activité des ruches.

Comment expliquer d'aussi bons résultats, je me gratte vraiment la tête !!!
Première constatation : Les ruches sont très lourdes et ne montrent aucun signe de diarrhée du moins très très peu comparativement aux autres années.
Nous avons nourris intensément l'automne dernier, bien plus que d'habitude.
J'avais essuyé beaucoup de pertes le printemps dernier (25%) notamment au niveau des ruchettes doubles, des pertes directement imputables au manque de nourriture et je m'étais juré de nourrir beaucoup plus l'automne suivant.
Chose dite, chose faite, les ruchettes reçurent deux fois plus de sirop que d'habitude (28 litres) et les ruches normales 1 fois et demi (30 litres).
Deuxième constatation : Le sirop qui m'a été livré était du sucrose et non pas du sirop de maïs beaucoup plus clair .
On m'avait dit que ce sirop était beaucoup plus digeste que le sirop de maïs et que les abeilles pouvaient en l'absorbant se nettoyer complètement l'intestin avant les 5 mois d'hiver, bien plus intensément qu'elles ne pouvaient le faire avec du sirop de maïs.
Par dessus ça, nous ne donnons plus de fumagillin aux ruches pour des raisons financières (le coût de ce produit étant devenu prohibitif), par conséquent l'absence de diarrhée n'est donc pas imputable à l'absorption de ce médicament.
Faut-il en déduire que la qualité du sirop a fait toute la différence, c'est une hypothèse plausible mais difficilement vérifiable.
Il serait intéressant de savoir si d'autres apiculteurs ayant utilisé ce type de sirop sont arrivés au même résultat que moi, l'avenir le dira !!!
La suite plus tard.....





Équipement du camion pour la période printanière

 


Un plancher à la place du siège




Un sauna apicole

Mardi 8 Avril 2008

-3 degrés ce matin et 5 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil mais avec du vent frais.

La météo a beau nous annoncer du très beau temps avec des températures de l'ordre de +12 degrés, le thermomètre lui, ne veut pas décoller du 5 degrés.
Nous travaillons sur les ruches mais limitons nos interventions au strict minimum.
Le soleil brille et frappe les ruches de plein fouet mais un vent du sud nous glace le sang.
Malgré cette brise fraîche, les abeilles arrivent quand même à voler et se retrouvent dans les distributeurs de BEEPRO.
Ce n'est pas l'affluence des grands jours car on sent bien que le froid ralentit les colonies.

Dans tous les cas, les colonies peuvent toujours compter sur les pâtés de pollen que nous avons distribués abondamment et qui se trouvent juste au dessus d'elles, bien au chaud sous le coussin isolant.
Je suis vraiment content d'avoir deux manières de distribuer les compléments protéinés car bien souvent le mauvais temps s'installe et coupe l'accès aux distributeurs extérieurs.
Les abeilles sont cloîtrées à l'intérieur des ruches et ne peuvent donc sortir à cause du froid ou de la neige mais peuvent quand même grignoter les pâtés de pollen que nous avons disposés sur le dessus des cadres, c'est une sécurité en plus.
Dans les démarrages de printemp aléatoires comme nous les avons ici au Manitoba, il n'est jamais bon d'avoir des coupures au niveau de l'approvisionnement en protéine.
Dans le cas d'une météo favorable, les abeilles se rendent très facilement dans les distributeurs et incitent la reine à pondre en ramenant des quantités considérables de beepro à la ruche.
En cas de mauvais temps et s'il n'y a pas une deuxième source en complèment protéiné à l'intérieur même de la ruche, les reines stoppent leur ponte.
A noter que ces pâtés sont accessibles 24 h sur 24 y compris la nuit lorsque les abeilles ne peuvent plus voler.

Côté ruche, nous avons commencé à retirer les housses hivernales car il faut bien dire qu'il est très difficile de soigner les colonies lorsqu'elles sont encarapaçonner dans cette jupe épaisse.
Nous enlevons la matière isolante et mettons les ruches à nu, nous pouvons ainsi ouvrir les couvre-cadres et remplir les nourrisseurs de sirop lorsque c'est nécessaire.
Nous disposons également des pâtés de pollen sur le dessus des cadres et recouvrons le tout avec nos mini coussins isolants.
Les abeilles reprennent le chemin du bas de la ruche car en disposant nos coussins isolants sur le sommet de la ruche, nous fermons de ce fait l'entrée qu'elles utilisaient jusqu'à présent.
Cette modification au niveau de l'entrée de la ruche perturbent les colonies pendant quelques minutes puis petit à petit les abeilles reprennent leur habitudes et redécouvrent l'entrée normale de la ruche.

Ce printemps, j'ai pris le temps de démonter le siège arrière du camion pour nous dégager de la place.
J'ai installé un plancher en contreplaqué sur lequel il est beaucoup plus aisé de faire glisser une ruche ainsi que du petit matériel.
Ce plancher se trouve à un niveau inférieur à celui du siège normal et nous évite bien des efforts lorsque nous chargeons le camion.
Chaque année, nous transportons des dizaines de boites remplis de couvain pour en faire profiter les colonies les plus faibles.
Comme chacun sait, le couvain est très fragile et ne peut attrapper froid, nous transportons bien souvent ces caisses à l'intérieur du camion sur le siège arrière à l'abri du froid.
Grâce à ce plancher, il nous est maintenant possible de ramener à la ferme 6 boites de couvain alors que précédemment, nous ne pouvions en ramener que trois.
Le gain de place est énorme puisque le dossier du siège a également disparu.
Bien entendu, ce siège retrouvera sa fonction le moment venu lorsque la récolte commencera.

Un cliché que j'avais oublié de publier et qui illustre parfaitement le phénomène de condensation qui se forme à l'intérieur des ruches pendant la période hivernale.
Les goutelletes qu'on aperçoit sur la photo du bas se forment à l'intérieur des barquettes plastiques contenant le candi de nourrissement.
La chaleur qui se dégage de la grappe hivernale se maintient au plus haut de la ruche (juste sous le couvre-cadre) et stationne à l'intérieur de la barquette.
La différence de température entre l'intérieur de la ruche et l'extérieur crée une zone de condensation à l'intérieur de la barquette, cette condensation entraîne la formation de goutelettes d'eau sur les parois de la barquette plastique.
Cette condensation n'a pas que des côtés négatifs car dans ce cas ci, elle est absorbé par la pâte de candi et contribue ainsi à son ramolissement.
Dans le cas d'un caveau insuffisament ventilé, cette humidité stagnante aboutirai inévitablement à la création de moisissures à l'intérieur de la ruche et à des conditions d'hivernage tout à fait inconfortables pour les colonies.

A part ça, ma page météo ne veut pas fonctionner car j'éprouve les pires difficultés pour collecter les données météo et les traduire par des graphiques compréhensibles pour tout le monde.
Le logiciel que j'ai acheté n'est pas très fonctionnel et multiplie les difficultés au niveau des fichiers de sauvegarde.
A compter d'aujourd'hui, je supprime donc l'accès à cette page en attendant des jours meilleurs.
Pour couronner le tout, mon ordinateur portable est de nouveau en réparation suite à un nouveau plantage.
A mon réveil hier matin, j'ai eu la désagréable surprise de trouver un écran noir.
Tant bien que mal, je me dépanne avec mon ancien ordinateur, Vive l'informatique !!!!

Nous continuons à visiter les ruches et dès lundi prochain, la grande visite de printemps commence si la météo le permet.





enlevement housse
Débalage de printemps

 

 

Gerhard housse
Déshabillage des ruches

 


Palette sur wrap
De retour à la ferme

Mardi 16 Avril 2008

4 degrés ce matin et 14 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec quelques passages nuageux

Nous avons une météo assez agréable en ce moment avec cependant des températures toujours très fraîche pendant la nuit.
La journée, le thermométre dépasse allègrement les +15 degrés celsius et les abeilles profitent au maximum de cette douce chaleur.
Les distributeurs de pollen sont plein à craquer d'abeilles et nous revenons régulièrement sur place pour refaire le plein de BEEPRO.
Je suis assez déçu par mes pâtés de pollen qui stationnent sur le dessus des cadres sans vraiment attirer les mandibules de mes petites abeilles.
Il faut dire que les colonies ont vraiment beaucoup de mal à les consommer car l'air est tellement sec que ceux ci se sont déshydratés rendant du même coup leur consommation très difficile.
Tant que les pâtés sont moux, les abeilles les dévorent goulument, quand ceux-ci séchent, c'est beaucoup plus difficile.
Depuis au moins deux semaines, nous n'avons pas eu la moindre petite goutte de pluie et l'air ambiant est vraiment très sec, la Boyne river n'a pas débordé, l'herbe autour de nous ressemble à de la paille et il ne faudrait pas qu'une allumette tombe par terre car celà pourrait déclencher un feu de broussaille terrible.
Au jour d'aujourd'hui, nous n'avons remarqué aucune pelote de pollen naturel sur les pattes des abeilles (uniquement du beepro).

Depuis lundi, nous passons nos journées dans les champs et vérifions toutes les ruches l'une après l'autre.
Après un hiver passé à l'intérieur des habitations, il nous est très difficile de reprendre le rythme et je dois dire qu'à respirer l'air frais toute la journée, je ne me fais pas prier le soir lorsqu'il est temps de dormir.

Comme il fallait s'y attendre, les colonies ont perdu considérablement de leur vigueur puisque certaines colonies qui affichaient neuf cadres d'abeilles (voir photo du 4 avril dernier) ne recouvrent plus que 5 cadres au total voir moins.
C'est une véritable hécatombe puisque les abeilles disparaissent dans la nature et ne reviennent pas à la ruche.
Il ne s'agit absolument pas de pesticide ou autre problème phytosanitaire mais d'un dépeuplement naturel qui survient toujours à la même époque et qui fragilise énormément les colonies.
Certaines petites colonies sont tellement chétives que nous nous grattons la tête pour savoir s'il faut les secourir ou les laisser mourrir.
A la sortie de l'hiver, les vieilles abeilles meurent en parcourant la campagne lors de leur premier vol de propreté.
Elles partent à l'extérieur de la ruche pour se soulager l'intestin ou tout simplement pour ramasser de l'eau mais ne reviennent jamais à la ruche.
Ce phénomène de dépeuplement est très rapide puisqu'en quelques jours, une ruche forte peut carrément basculer dans le néant si aucun soin ne lui est apporté.

Je me doutais que ce phénomène surviendrait comme chaque année mais je ne pensais pas qu'il aurait cette importance.
Chaque jour, nous ramenons des ruches mortes qui n'ont pas eu la force d'attendre nos premiers soins.
Les piles de ruches mortes s'empilent dans le hangar et nous laisse présager de longues heures de travail pour le nettoyage et la remise en conformité.
Dans l'immédiat, nous avons stocké 85 ruches mortes pour cet hivernage 2007/2008 soit environ 13,5% de perte.
Ce n'est pas trop important comparativement aux autres années et je suis assez satisfait.

Je m'inquiète surtout pour le nombre important de ruches faibles qu'il faut renforcer d'urgence.
Nous emportons tous les jours avec nous des boites vides pour prélever ici et là des cadres de couvain.
Ces cadres de couvain sont prélevés dans les plus belles ruches et amenés à des kilomètres de distance sur d'autres emplacements.
Nous introduisons 2 cadres de couvain par ruche faible de manière à rétablir à l'intérieur de la chambre à couvain une température décente qui permettra à la reine de reprendre une ponte normale avec un nombre suffisant d'abeilles pour prendre soin de son couvain.
Nous passons nos journées à jongler avec des dizaines de cadres de couvain et à nous déplacer entre les différents emplacements pour en faire profiter les ruches faibles.
Nous déplaçons ces cadres sur plusieurs kilomètres pour éviter aux abeilles de retourner vers les ruches mères.
Nous nous déplaçons chaque jour avec des boites pleines de couvain et d'abeilles à l'intérieur du véhicule et je peux dire après des années d'expérience que les abeilles supportent très bien ces déplacements et acceptent bien volontier ces mélanges avec d'autres colonies.

La gestion d'une ferme apicole ici au Canada ressemble à s'y méprendre à un jeu d'équilibriste qui met les nerfs à rude épreuve.
Comme chaque entreprise apicole qui se respecte, le but du jeu consiste à conserver le même cheptel pour espèrer produire les mêmes quantités de miel que les années précédentes, tous les apiculteurs font la même chose !!!
Le problème se complique un tout petit peu pour nous car sous nos latitudes, les abeilles se réveillent d'un hiver très long (5 mois et demi) et ne peuvent espèrer ramasser du pollen qu'au alentour du 15 ou 20 avril, d'autre part, le miel ne commence à couler que vers la fin juin, début juillet.
L'intervalle de temps disponible pour préparer les ruches est donc très court et je dois dire que nous n'avons pas le temps de badiner.

Dans nos évaluations quotidiennes et permanentes, il ne nous faut pas beaucoup de temps pour jauger une colonie et déterminer si celle-ci fera ou non du miel l'été suivant.
Au fur et à mesure des années, je me suis aperçu que le chiffre 3 était un chiffre magique pour notre climat Manitobain.
En effet, en dessous de 3 cadres d'abeilles (je ne parle pas de couvain), n'importe laquelle de mes ruches aura beaucoup de mal à faire du miel si je ne lui donne pas un coup de main.
La force d'une colonie doit se déterminer dès l'ouverture de la ruche et au premier coup d'oeil.
Avec l'expérience, après des miliiers et des milliers de visites de ruches, il est très facile de voir la force d'une colonie par le nombre d'inter-cadre qu'elle occupe sans même démonter les cadres.
Si les abeilles se répartissent sur au moins trois intercadres, il y a de fortes chances pour que la chaleur de la chambre à couvain soit suffisante pour maintenir de bonnes conditions d'élevage.
En dessous de trois intercadres, il faut absolument faire quelque chose et apporter des abeilles et du couvain supplémentaires pour accomoder la reine.
Sans chaleur et sans abeille, la reine ne peut pas faire du "bon boulot".
Bien entendu, chaque colonie fera l'objet d'une visite complète pour vérifier la présence de reine et de couvain.
Suite à cette visite, la ruche sera soit réunie à une autre, soit étoffée avec du couvain et des abeilles supplémentaires soit laissé en l'état ou allégée d'un cadre de couvain.
La suite bientôt.




Spectacle de désolation


Mon pauvre barbecue


L'hivernage n'était pas fini

Jeudi 24 Avril 2008

-2 degrés ce matin et +1 degrés dans l'après-midi.
Tempête hivernale toute la nuit avec de la poudrerie haute.

Spectacle de désolation à notre réveil ce matin.
Depuis hier, "Environnement Canada" nous annonçait un avis de tempête hivernale mais nous avions vraiment du mal à le croire tellement il faisait bon.
Nous avons passé la journée de mercredi en bras de chemise à bricoler autour de la maison sans vraiment nous soucier de la météo.
La tempête annoncée en provenance du Wyoming devait toucher le Manitoba dans la nuit de mercredi à jeudi sous forme de pluie verglaçante dans un premier temps puis ensuite sous forme de tempête de neige et je dois dire que "Environnement Canada" ne s'était pas trompé, loin de là.
Le vent a commencé à souffler à partir de minuit exactement comme l'avait prédit les services météo du gouvernement et ce matin à notre réveil, nous avions à peu près 30 cm de neige sur la terrasse de la maison.
Bien évidemment, vu les conditions routières et pour la plus grande joie des enfants, les bus scolaires sont restés au garage et les écoles sont rester fermées.
Je me suis levé très tôt ce matin pour déblayer les accès de la ferme car mon épouse n'aurait pû se rendre à son travail et j'ai pû constaté avec effroi la quantité de neige qu'il était tombé en écoutant le moteur du swinger qui peinait en poussant des godets plein à craquer de neige.
Je me fais du souci pour mes abeilles car les reines pondent beaucoup en ce moment et il ne faudrait pas que le couvain prenne froid.
Non seulement les ruches n'ont pas encore pû récolter un seul grain de pollen naturel depuis qu'elles sont dehors mais en plus, elles sont relativement faibles comparativement aux autres années.
De toute évidence, cette neige ne va pas arranger les choses et vu les températures nocturnes glaciales qui nous attendent le restant de la semaine (entre -6 et -9 degrés), les choses ne vont pas s'améliorer.
Seul aspect positif, c'est la sous couche qui est toute mouillée et le sol qui n'est pas froid.
Les températures positives en journée devraient rapidement faire fondre ce manteau neigeux qui nous sape le moral.
Nous n'avions pas besoin de ça et les américains auraient pû garder cette neige pour eux mais le Manitoba nous réserve toujours des surprises.
Les apiculteurs français avaient eu une mauvaise période météorologique ces semaines dernières, c'est maintenant notre tour.
La température devrait remonter lundi prochain avec un petit 12 degrés, il est temps pour nous de recommencer une tournée complète des ruches car bon nombre de ruches ont besoin de couvain et attendent depuis dèjà pas mal de temps.
En regardant mes archives de 2007, je me suis rendu compte que mes abeilles avaient commencé à rentrer du pollen le 21 avril pendant une période de grosses chaleurs.
Nous sommes le 24 avril et nous avons devant nous une période fraîche qui hélas ne permettra pas aux abeilles de sortir dehors.
Dans la meilleur des hypothèses, les colonies ne pourront ramener des pelotes de pollen que vers le 28 avril voir plus loin si les conditions météo le permettent.
Je m'interroge beaucoup à savoir si mes colonies pourront rattrapper ce retard et si nous pourrons renforcer à temps les ruches les plus faibles.
La période de préparation des colonies au printemps est très courte et si la météo nous joue des tours comme aujourd'hui, nous aurons beaucoup de mal à avoir des ruches à 100% le jour de la miellée.
Décidemment, l'apiculture au Manitoba n'est vraiment pas facile.

Pour changer d'ambiance, je tenais à diffuser l'adresse suivante qui est un véritable ravissement pour les yeux et qui concerne bien entendu les abeilles.
Ce site a été crée par la fameuse maison Haagen-Dazs (crème glacée de haute qualité) pour sensibiliser les gens et les consommateurs aux problèmes environnementaux qui déciment les populations d'abeilles à travers le monde.
Cette célèbre compagnie aux ramifications internationales s'est rendue compte avant les autres que si l'abeille disparaissait, ses approvisionnements en parfum divers et autres fruits rares pourraient en souffrir.
La maison Haagen-Dazs produit des crèmes glacées aux parfums subtils qui pourraient disparaître si rien n'est fait au niveau environnemental et si les abeilles continuent à mourrir.
C'est un site qui comprend des effets visuels époustouflants et un graphisme rarement vu.
Les menus sont vraiment originaux et un fond sonore printanier contribue vraiment à l'ambiance bucolique.
Même si le site est en anglais, j'encourage tout le monde à se rendre sur ce site et à jouer avec sa souris.




coupe siding
Sciage des panneaux vinyl

appartement siding
L'appartement en cours d'habillage

clouage siding
Clouage des lattes

Lundi 28 Avril 2008

-7 degrés ce matin et +9 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec un peu de vent du nord.

Le soleil a refait son apparition depuis plusieurs jours mais le thermomètre reste bien en dessous des normales de saison.
Avec des -8 à -9 degrés pendant la nuit, la neige met beaucoup de temps pour fondre et la saison tarde à démarrer.
En journée, la température remonte mais un vent du nord permanent ralentit énormément le processus de fonte.
Voilà 10 jours que nous ne sommes pas retournés dans les ruchers car il faut bien dire qu'avec les quantités de neige et le froid que nous avons depuis huit jours, il n'est absolument pas possible d'ouvrir la moindre petite ruche sous peine de faire prendre froid au couvain.
Les prévisions sont bonnes pour ces 2 prochains jours, et nous devrions renfiler nos combinaisons apicoles dès demain matin.
J'ai hâte de voir comment mes colonnies ont encaissés cette période de grand froid et si tout le couvain aperçu les semaines précédentes est venu grossir les populations.
Nous avons tellement de travail en retard que je me demande si nous arriverons à tout faire en même temps.
Cette neige n'était pas la bienvenue mais aura au moins eu le mérite d'apporter un peu d'humidité dans le sol.
Avec la sécheresse que nous avions ces dernières semaines, un petit peu d'eau ne fait pas de mal.
En revanche, les fermiers qui avaient préparés tout leur matériel pour commencer les semis en sont pour leur frais et sont obligés d'attendre la fonte complète du manteau neigeux pour pouvoir rentrer dans les champs sous peine de s'enliser dans la boue.
En attendant de meilleurs conditions climatiques, nous avons entrepris l'habillage de la façade de l'appartement de mes employés.
La température n'a pas dépassé les 9 degrés et nous nous sommes donc installés à l'autre bout du hangar d'hivernage ou se trouve l'appartement de Gerhard.
En l'espace de quelques heures, nous avons pratiquement recouvert la moitié de l'appartement tellement ce système de revêtement est pratique et rapide à installer.

Côté nettoyage des ruches, tout est terminé. Certaines ruches ont été mis de côté pour être repeinte tandis que d'autres équipées de fonds grillagés seront échangés ces jours prochains.
Il nous reste encore 36 fonds à changer sur le lot de 200 ruches que nous avions entrepris de modifier l'année dernière.
Les nouveaux fonds grillagés sont bien plus pratique à nettoyer que les modèles précédents et nous permettent de contrôler la chute naturelle des varroas très facilement.
Des photos très bientôt.