FRENCH BEE FARM
LA FERME APICOLE FRANÇAISE


Archives photos du jour mois de Juin 2005


100 reines au même endroit


4 reines supplémentaires


Emballage hawaiien

Mercredi 1 Juin 2005

Météo : 14 degrés ce matin et 22 degrés dans l'après-midi.
Temps couvert toute la journée avec averses de pluie.

Je suis rentré ce soir complètement saoûler par le vent.
J'ai récupéré mes reines à Winnipeg comme prévu et nous les avons introduites ce soir dans leur nouvelles maisons.
Nous avons mis en place nos ruchettes mais les rafales de vent étaient tellement fortes que je suis reparti à la ferme pour chercher des pneus.
A l'intérieur des ruchettes, rien n'est collé si bien que le vent pourrait très facilement arracher les toits .
Avec ces pneus disposés sur les toits des ruchettes, je vais pouvoir dormir tranquille.

L'opération ne nous a pris qu'une heure et demi soit un peu plus d'une minute par colonie.
C'est la première fois que nous allons aussi vite.
La chance était de notre côté avec du soleil à profusion.

Pendant qu'Arthur enlevait les bouchons des cagettes, j'ouvrais les boîtes d'abeilles et je répartissais les cadres dans chaque compartiment.
Après quoi, il ne restait plus qu'à coincer la cagette entre deux cadres au contact avec les abeilles.

Sur 104 reines carnioliennes, je n'ai trouvé qu'une seule reine morte, ce qui est une véritable prouesse quand on regarde les kilomètres qu'elles ont parcouru en avion et le temps passé dans les cagettes.

Les reines coûtaient 17,95 dollars pièce cette année.








Aurore boréale



Chrome



Naïf

Jeudi 2 Juin 2005

Météo : 17 degrés ce matin et 24 degrés dans l'après-midi.
Temps généralement ensoleillé avec quelques passages nuageux

Nous avons vu beaucoup de nuages passés au dessus de nos têtes sans jamais recevoir une goutte de pluie.
Arthur est resté à la ferme pour terminer les nourrisseurs cadres et je me suis rendu sur les deux emplacements où nous avons enruché les paqeuts d'abeilles de Nouvelle zélande.
J'avais malheureusement oublié mon appareil photo à la maison sans ça, j'aurais pu prendre des clichés absolument étonnants.
L'ensemble des paquets d'abeilles est en effet sur le point d'exploser à tel point que j'ai du prélever des cadres de couvain pour éviter de me retrouver d'ici une semaine avec des essaims dans tous les arbres.

S'il fallait donner une note à ces paquets d'abeille, je donnerais 9 sur 10 tellement ils ont profité du temps chaud et des pissenlits.
Je peux même dire sans me tromper que certains paquets d'abeilles sont plus beaux que certaines de mes ruches alors que ceux-ci ont été confectionnés il y a moins de 6 semaines avec seulement 2 livres d'abeilles et une reine.
Un bon copain à moi me disait il y a quelques années que ces abeilles étaient des "abeilles à viande" et il ne se trompait pas.
Quel dommage que ces abeilles ne soient pas capables d'hiverner correctement.

Ce matin, j'ai décroché la remorque col de cygne car je n'en avais pas l'utilité.
Sans la remorque, quel plaisir de conduire ce 4X4.
Il faut vraiment que je transforme la caisse à l'arrière pour éviter de me servir de cette remorque le printemps prochain.

En rentrant hier soir, j'ai trouvé un message du laboratoire d'analyse provincial qui cherchait à me communiquer des résultats.
Chaque année, lorsque l'inspecteur provincial vient faire son contrôle, je lui demande de procéder à un prélèvement d'abeilles pour fin d'analyse.

J'étais un peu inquiet hier soir car si le laboratoire me cherchait, c'est qu'il y avait un problème au niveau des ruches.
La procédure normale lorsque les résultats sont négatifs, c'est un envoi postal une ou deux semaines plus tard mais là, il y avait manifestement un problème.

A l'ouverture des bureaux, j'ai pu contacté le responsable provincial qui m'a annoncé que mon taux d'infestation varroa était élevé et qu'il fallait absolument traiter.

Suite à ce coup de téléphone, je me suis immédiatement rendu sur les emplacements où nous avions installés des langes gras consécutivement à la pose des lanières apistan en tout début de semaine.
J'ai retiré une cinquantaine de langes sans apercevoir des quantités astronomiques d'acariens comme je m'y attendais.
J'ai trouvé des centaines de varroas emprisonnés dans la graisse mais on était loin des taux d'infestation que j'ai connu en France les 2 dernières années.
Les varroas sont là, c'est sûr et les lanières apistan ont l'air de fonctionner.

Ceci dit, il est toujours possible qu'une petite partie des varroas soient tombés, ce qui voudrait dire que le traitement à base de fluvalinate que j'utilise cette année fonctionne moins (accoutumance des varroas à cette molécule) et que je pourrais rencontrer des problèmes plus tard dans la saison.

Je vais continuer à surveiller la chute des varroas et si quelque chose d'anormal se produit, j'ai toujours la possibilité d'utiliser le traitement FLASH de Jean Pierre Chapleau pour décimer les varroas rapidement, nous verrons bien.

Grosse surprise en descendant l'Avenue Broadway à Winnipeg il y a quelques jours..
Soixante deux ours polaires peint par 62 différents artistes du Manitoba installés tout le long de l'Avenue Broadway sur le terre plein central.
Nous avons fait des photos rapidement par la fenêtre de la portière mais nous nous sommes jurés qu'il faudrait revenir tellement ces ours sont beaux.
Ces ours sont en exposition jusqu'au mois d'octobre et des milliers de touristes vont déambuler cet été le long de cette avenue.
Cette oeuvre d'art multipliée par 62 est en fait un moyen original de prélever des fonds pour la recherche contre le cancer.
Chaque entreprise qui a commmandité son ours a déboursé plus de 10 000 dollars pour la fondation contre le cancer.
Une idée originale qui risque de faire son chemin.





Dispositif "cloake board" en place

 

 



Ruée sur le pollen

 

 



Premières cellules

Lundi 6 Juin 2005

Météo : 11 degrés ce matin et 19 degrés dans l'après-midi.
Temps ensoleillé.

Voilà 5 jours que je n'ai pas eu le temps de faire mon journal.
Je cours comme un fou pour essayer de sauver le maximum de ruches.

Depuis 2 semaines, je m'aperçois que quelque chose ne tourne pas rond au niveau des ruches.
Nous avons ajouté régulièrement beaucoup de hausses avec Arthur ces dernières semaines sur les ruches les plus fortes mais depuis 2 semaines, plus rien comme si les ruches avaient stoppé leur progression.

Comme bien souvent dans ces cas là, on ne veut pas croire à un problème majeur et on se rattache à l'idée que les ruches vont se retaper et que d'ici quelques jours tout ira mieux.
Mais depuis 10 jours, c'est véritablement un effondrement des ruches que nous constatons tous les jours sans en connaître véritablement la raison.

La population dans les ruches a quasiment diminué de moitié et les hausses qui étaient pleines d'abeilles il y a quelques jours se sont vidées complètement.
Une bonne partie des abeilles a disparu ainsi que le couvain.
Empoisonement ou virus, comment savoir ?

Le plus étonnant dans l'histoire, c'est que les paquets d'abeilles de Nouvelle zélande sont magnifiques ainsi que les ruchettes que nous avons transvasées il y a un mois.

D'un phénomène étrange au départ, nous sommes passés véritablement à un scénario catastrophe avec comme perspective une récolte catatrophique si rien n'est fait d'ici là.
Le colza commence à pointer le bout de son nez et si les ruches continuent de s'effondrer, nous allons droit dans le mur.

Bien évidemment, j'ai ameuté tout le monde au niveau provincial pour essayer d'avoir des informations.
L'inspecteur qui est venu la semaine dernière avait pris des échantillons d'abeilles pour fin d'analyse mais les résultats se sont révélés négatifs (pas d'acariose, pas de loque et un niveau de varroa pas vraiment inquiétant)

J'ai passé en revue tout ce que j'ai fait sans trouver la clé du problème.

Devant l'énormité du problème, j'ai sacrifié une trentaine de ruches pour récupérer le couvain et les abeilles de manière à en faire profiter les plus faibles.
Mieux vaut avoir moins de ruches fortes et produire que trop de faibles et ne rien produire.
C'est une logique imparable mais qui fait mal au coeur surtout après les avoir autant bichonné.
Sacrifier trente ruches, ça fait vraiment mal mais si derrière ça, je peux sauver ma saison, alors il ne faut pas hésiter.

J'ai passé ma journée de vendredi ainsi que celle de samedi à réunir tout ce couvain et toutes ces abeilles de 7 heures du matin à 10 heures du soir.
Je les ai ensuite répartis dans les ruches les plus faibles.
Ce fut très fatiguant et très douloureux au niveau des piqûres.

Bizzarement, quelques ruches ont échappé à la catastrophe et se comportent comme si de rien n'était (environ une centaine).

La situation est très préoccupante puisque l'ensemble des ruchers est touché par ce dépeuplement.
Le temps presse et il faut trouver une solution.
J'en arrive à douter de tout, à tel point que j'hésite même à acheter du sirop de peur que celui-ci puisse contaminer mes abeilles.

Rhéal Lafrenière qui est responsable de l'apiculture au Manitoba fait vraiment tout pour m'aider.
Il était à Notre-Dame-de-Lourdes hier dimanche et nous avons déjà pu en discuté ensemble longuement
Il revient mercredi matin pour procéder à des prélèvements plus complets (sirop, pollen, cadre de miel, abeilles, couvain, etc.....).

Dans tous les cas, il semblerait que je ne sois pas le seul dans la province à constater un tel problème.
Plusieurs apiculteurs qui avaient comme moi de grosses ruches très populeuses, ont vu les populations diminuer drastiquement à tel point que certaines ruches sont mortes en quelques semaines.

Je n'ai pas trop le moral et je me demande de quoi l'avenir sera fait.

C'est un constat un peu amère mais c'est la triste réalité.

Il faut maintenant prendre le problème à bras le corps en espérant trouver des solutions.
Je ne suis pas sûr de pouvoir faire une page tous les soirs car j'ai devant moi de rudes journées qui m'attendent.
J'essayerai quand même de faire un petit résumé de temps en temps.

Petite nouvelle positive, j'ai contrôlé les 100 nucléis que nous avons faits il y a quelques jours et toutes les reines pondaient.






Échantillon d'abeilles vivantes

 

 

 

 




Pompe "Viking" en place

Mercredi 8 Juin 2005

Météo : 10 degrés ce matin et 17 degrés dans l'après-midi.
Temps couvert avec beaucoup de pluie
Avertissement de tornades dans le sud de la province

Un temps pour les grenouilles, voilà ce que nous avons depuis deux jours.
Il est tombé des tonnes d'eau sur tout le sud de la province alors que la partie nord est sous le soleil.
Toute la partie sud du Manitoba (frontière avec les États-unis) est menacée de tornades pour les prochaines 24 heures.

Le sol est détrempé et les fossés remplis d'eau.
En revenant de Winnipeg cet après-midi, on pouvait voir de véritables lacs au milieu des cultures.
Je suis allé chercher une nouvelle fois du sirop.

Si la région de "La montagne" a pratiquement tout semé, il n'en est pas de même pour les fermiers qui résident en plaine.
Les tracteurs sont cloués dans les champs sans pouvoir bouger et ceci pendant encore un sacré bout de temps.

La Rivière Rouge à Winnipeg devrait dépasser son niveau habituel d'environ 4 mètres dans quelques jours, c'est assez impressionnant.

Rhéal Lafrenière était là ce matin et nous avons tous les deux pris notre dose de pluie en parcourant les différents ruchers.
Nous nous sommes fait litttéralement trempés.
Les chemins de gravier sont à la limite du praticable et je me demande bien si je vais pouvoir accéder aux ruches demain matin pour distribuer du sirop .

Nous avons visité plusieurs emplacements en évitant de garder les ruches ouvertes trop longtemps à cause de la pluie.
Le travail que j'ai fait samedi dernier suite à mon coup de panique a porté ses fruits, mes ruches simples sont beaucoup plus belles qu'avant.
Il faut dire que j'ai rajouté pas mal de couvain en sacrifiant une trentaine de ruches.

J'ai pu lui montrer deux ruches particulièrement atteintes et nous avons pris des échantillons.
Les deux ruches malades se trouvaient dans un même rucher et avaient reçu il y a quelques semaines une hausse, preuve que le nombre d'abeilles était largement suffisant.
Comme je l'ai dis précédemment, j'attends toujours que les deux cadres de rives soient recouverts d'abeilles pour mettre une hausse.
Ces deux ruches avaient littéralement abandonné le couvain comme s'il y avait eu un feu.
En observant les cadres, nous pouvions facilement nous imaginer l'importance du couvain avant l'arrivée de ce fléau.
On voyait très clairement des cellules operculées formant une auréole parfaite, preuve que la reine était en ponte au moment du désastre (le couvain central par contre était mort).
Ces ruches se sont littéralement effondrées en quelques semaines, il n'y avait pratiquement plus d'abeilles dans la ruche ou très peu .

Nous avons secoué le peu d'abeilles qui restait dans un toit à l'envers pour remplir quelques pots en verre grillagés sur le dessus de manière à les conserver vivantes.
Pour chaque ruche, nous avons pris deux échantillons, un pour la recherche de l'acariose (abeilles trempées dans l'alcool) et un autre pour la recherche d'éventuels virus.
Ce dernier échantillon sera au préalable congelé avant d'être envoyé dans le Mariland dans un laboratoire spécialisé.

Comme me disait Rhéal, le prélèvement d'abeilles de la semaine dernière ainsi que les résultats négatifs que j'ai obtenus en retour au niveau acariose ne veulent pas dire que toutes mes ruches sont saines.
Il se peut très bien que certaines ruches développent cette maladie au milieu d'autres ruches parfaitement saines .

Il est assez stupéfiant de constater que sur la même palette, on peut trouver une ruche au bord de l'essaimage et une autre entrain de mourrir.
Nous avons pris également des échantillons d'abeilles sur les ruches saines pour comparer.

Globalement, Rhéal s'est montré assez rassurant en me disant que mes ruches se trouvaient dans la moyenne provinciale et même légèrement au-dessus.
Malgré cette bonne nouvelle, je n'arrive toujours pas m'expliquer le dépeuplement soudain de mes ruches.
Rhéal, en tout cas, a pu se rendre compte du problème et va faire l'impossible pour trouver l'erreur.
Il faudra attendre le résultat des analyses pour savoir.

Concernant mes doutes sur la qualité du sirop de maïs que j'achète à Winnipeg et après plusieurs coups de téléphone, il semblerait que les 6 autres apiculteurs qui ont utilisé le même sirop n'ont rencontré aucun problème au niveau de leurs ruches, bien au contraire.
C'est donc avec une certaine confiance que je suis reparti à Winnipeg remplir une nouvelle fois ma citerne .

Il me reste pas mal de travail à faire pour équilibrer certaines ruches car elles en ont besoin.
Inutile de dire que, ces prochains jours, le développement de mes ruches sera suivi de très près.
Il faut absolument trouver l'origine du problème pour le corriger.
Dans tous les cas, nous commençons dès demain matin avec Arthur à prélever des cadres d'abeilles et de couvain partout où nous le pourrons pour renforcer les plus faibles.
J'espère que la météo sera avec nous.

Hier lundi, il faisait tellement mauvais que j'ai pu terminé les différents branchements des conduites de miel dans la miellerie.






Ruchettes quadruples en cours de peuplement


Jeudi 9 Juin 2005

Météo : 10 degrés ce matin et 17 degrés dans l'après-midi.
Temps ensoleillé avec quelques passages nuageux

Concernant les mortalités que je contaste dans mes ruches, le verdict est tombé.
Rhéal m'a téléphoné dans la journée pour me transmettre les résultats d'analyse.
Le constat est sans appel, mes lanières APISTAN ne marchent plus et les varroas continuent de se développer allègrement.
Les varroas ont développé une résistance au fluvalinate et le taux d'infestation des ruches à quintuplé ces 3 dernières semaines entraînant l'effondrement de certaines colonies.
Les langes que j'ai retirés la semaine dernière n'étaient donc pas du tout représentatifs de la population réelle des varroas que j'ai actuellement dans les ruches.

L'analyse des échantillons à révéler un taux d'infestation faramineux de 112 varroas pour 200 abeilles.
Pas étonnant que ces ruches se soient effondrées !!!
Concernant le cadre de couvain prélevé ou du moins ce qu'il en restait, Rhéal a également passé du temps à découper les cellules pour extraire les abeilles naissantes.
Chaque abeille portaient sur elle des varroas et n'était donc pas viable.

Je suis très surpris mais en même temps content de savoir enfin ce qui se passe.
J'ai en fait dépenser 1000 dollars pour rien en achetant ces lanières APISTAN mais ça m'aura permis de savoir que ce traitement n'est plus efficace dans ma région.
Il est temps de changer de fusil d'épaules.

Depuis environ 3 ans, le Manitoba penche petit à petit dans le camp de la résistance, je veux dire par là que certaines régions du sud Manitoba jusqu'alors préservées sont maintenant officiellement déclarées infestées de varroas résistants au fluvalinate.
Ces régions (municipalités) sont connues et ont, l'une après l'autre, changer leur façon de traiter la varroase.

J'aurais préféré avoir ce problème un peu plus tôt mais pour avoir le temps de le résoudre efficacement mais je me dis qu'il aurait pû survenir plus tard et engendrer une véritable catastrophe.
Il me reste à peu près 4 semaines avant le début de la floraison et il est encore temps de faire quelque chose.

Je pars demain matin à 7 heures pour aller acheter du coumaphos à la coopérative BEEMAID.
C'est la seule solution pour éviter la débâcle.
Je ne pourrai bien évidemment pas laisser les lanières pendant les 42 jours nécessaires au traitement complet car celles-ci doivent être retirées 14 jours avant la pose des hausses.
La présence des lanières pendant 15 jours dans la ruche permettra toutefois de limiter les dégâts en tuant un maximum de varroas.
Je serais de toute manière obligé de faire un nouveau traitement plus tard dans la saison lorsque le miel sera terminé.

Les analyses effectuées sur les ruches très faibles sont sans équivoques par contre celles réalisées sur des ruches beaucoup plus fortes n'ont rien révélé (infestation égale à zéro), ce qui permet de dire que la résistance au fluvalinate est pour l'instant clairsemée
Dans tous les cas, nous remettrons en place dès demain nos langes gras sur les mêmes ruches pour procéder à des comptages, c'est la seule manière de vérifier l'efficacité.
Logiquement, nous devrions nous retrouver avec des langes recouverts de varroas.

Je pense que la situation n'est pas désespérée, loin de là.
J'ai perdu des ruches certes mais avec celles qui me restent et si la météo est bonne, cet été, nous devrions être capable de redresser la situation.

Quel dommage que cette infestation ne se soit pas révélée plus tôt.

Dans un cas comme celui-là, le temps de réaction est assez lent.
Tout d'abord, les ruches ne s'effondrent pas du jour au lendemain, celà prend du temps (3 semaines dans mon cas).
Lorsque l'apiculteur se rend compte du problème, il lui faut d'abord analyser la situation et ensuite vérifier tout ce qu'il a fait au niveau des ruches (une erreur humaine est toujours possible).
Il y a ensuite des informations contradictoires comme les langes gras qui ne révèlent rien ou alors très peu d'infestation.
Autant de choses qui font perdre du temps et qui reculent le moment exact où l'on doit prendre une décision.

Je remercie en tout cas Rhéal Lafrenière pour avoir pris mon problème à bras le corps.
Sans lui, je serais encore entrain de me demander comment tout celà allait se terminer.
La rapidité avec laquelle les analyses ont été faites à Winnipeg m'a permis de réagir immédiatement et de corriger le problème.
Demain soir, toutes les ruches auront une lanière de Check-mite.






Paquet de checkmite



Une lanière en haut




Une lanière en bas

Vendredi 10 Juin 2005

Météo : 10 degrés ce matin et 22 degrés dans l'après-midi.
Temps ensoleillé avec orages en soirée

Comme je le disais hier, je suis parti à Winnipeg pour chercher du coumaphos.
A 10h00, j'étais de retour avec mes 800 lanières de checkmite et nous sommes partis tout de suite au rucher pour les mettre en place.
Il n'y a pas de temps à perdre car le temps dont je dispose est très court (uniquement 15 jours).
Il faut que tout soit fait dans la journée pour obtenir le maximum d'efficacité ces quinze prochains jours.

Le checkmite se présente sous la forme de petits paquets de 10 lanières hermétiquement clos.
Les paquets sont tellement bien scellés qu'il est impossible que le produit s'échappe.
Les cartons de 100 lanières coûtent 246 dollars soit légèrement plus cher que l'apistan.

Pour placer les lanières, il faut impérativement porter des gants chimiques car il ne faut pas que le produit rentre en contact avec la peau.
Nous avons donc porter des gants toute la journée avec tous les inconvénients que celà comporte. (transpiration, moiteur à l'intérieur des gants, élasticité des doigts).

Le port de ces gants est vraiment inconfortable mais nous étions bien contents de les avoir car le produit est vraiment puissant et exhale une odeur très forte.
On se rend compte tout de suite que les varroas vont passer un mauvais quart d'heure.
Heureusement pour nous, le vent emportait les odeurs loin de nous.

Le principe pour placer les lanières est assez simple :
Une lanière pour cinq cadres d'abeilles pendant 45 jours.
Nous avons donc mis une lanière dans la chambre à couvain principale et une autre dans la hausse.

Pour placer la première lanière dans la hausse, c'est assez simple et on peut même l'introduire à travers le trou nourrisseur du couvre-cadre.
La partie basse est plus délicate à opérer car il faut décoller la hausse, la tenir soulever le temps de glisser la lanière entre deux cadres.
Lorsque les ruches sont sur des palettes, il n'y a pas beaucoup de place à l'arrière de la ruche pour pouvoir la décoller véritablement (voir photo du bas) mais assez de place quand même pour introduire les lanières sur la partie avant de la ruche.

Je ne voulais pas qu'Arthur manipule les lanières, il s'est donc occupé de décoller les toits et de les remettre lorsque j'avais terminé.
Pendant ce temps, je soulevais les hausses en évitant d'écraser trop d'abeilles.

Le temps étant orageux, les abeilles étaient assez nerveuses et à plusieurs reprises, Arthur a du prendre en catastrophe l'enfumoir pour venir les calmer.
À 19 heures, ce soir, tout était terminé.

Contrairement aux lanières Apistan, les lanières de checkmite sont très résistantes et ne se cassent jamais.
Le matériau utilisé pour faire ces lanières est très étrange car mi biscuit, mi plastique.
Lorsqu'on introduit la lanière entre les cadres, les abeilles qui s'y frottent sont recouvertes d'une poudre blanche qu'elles diffusent instantanément à l'intérieur de la ruche.
En 10 minutes, le produit se répand par contact dans les moindres recoins de la ruche et tue tous les varroas qui se trouvent sur son passage.

Nous avons disposé une quarantaine de langes pour faire des comptages.

Rhéal m'a communiqué les résultats des tests d'accariose, ils sont négatifs.
Il y a donc bien un problème de résistance à l'Apistan dans mes ruches.
L'usage de ce produit dans mes ruches est donc pour l'instant inopérant, il me faut maintenant trouver d'autres méthodes de traitement alternatives pour remplacer le fluvalinate.

Je suis suffisamment lucide pour me rendre compte que l'utilisation des lanières de checkmite est nocif pour l'environnement et pour l'apiculteur.
J'aimerais beaucoup me tourner vers des méthodes d'élevage beaucoup plus naturelles comme nous le faisions il y a plus de vingt ans lorsque le varroa n'existait pas.
Pourquoi pas l'élevage de l'abeille de Primorsky.






liasse de checkmite



Cadre au carré



Pleine maturité des paquets d'abeilles

Lundi 13 Juin 2005

Météo : 14 degrés ce matin et 17 degrés dans l'après-midi.
Deluge toute la journée.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le sol est trempé et que les routes sont impraticables.
A certain moment de la journée, on avait l'impression qu'il tombait des seaux.
Le taux d'humidité atteint sans problème les 100%.
Les créneaux météo pour travailler sur les abeilles sont très rares puisqu'il pleut pratiquement tous les jours, c'est assez désespérant !!!

Heureusement que nous avons pu mettre nos lanières de checkmite vendredi dernier, c'est le plus important.
Je me sens beaucoup plus rassuré depuis ça.

Comme d'habitude, il a fait mauvais ce week-end mais j'ai quand même pu vérifier mes paquets d'abeilles à la faveur d'une éclaircie.
Comme je le préssentais, une bonne moitié des colonies débordaient d'abeilles et j'ai du mettre des hausses pour leur donner de la place.
Ces reines de Nouvelle Zélande sont tout simplement incroyables car elles n'arrêtent pas de pondre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place (photo du milieu).
Dommage qu'elles ne sachent pas passer l'hiver !!!
Certains paquets étaient très forts et j'ai pu sans problème récupérer une boîte de couvain.

Samedi, j'avais prévu de transhumer mes ruches mais comme il fallait s'y attendre, la pluie nous en a empêché.
La saison avance et je ne veux pas m'y prendre à la dernière minute pour placer mes ruches.
Les champs de colza sont déjà bien verts et j'ai déjà une bonne idée des emplacements que je vais utiliser.
Il ne manque que du temps sec pour commencer la grande transhumance.

Miraculeusement, dimanche, il n'a pas plu et les routes ont pu sécher.
Nous sommes partis avec Jérémy vers 21 heures (le soleil venait de passer derrière l'horizon) et nous avons installé 20 palettes sur 2 emplacements différents.
Le ciel était menaçant mais tout s'est très bien passé, nous sommes rentrés à minuit et demi.

Aujourd'hui, c'était jour de grand nettoyage à la miellerie.
Il faisait tellement mauvais qu'il n'y avait pas grand chose à faire d'autre.
Au programme, lavage de tous les murs avant de commencer à nettoyer les machines.

Pour laver les machines, il faut nous y prendre à trois fois.
Nous faisons d'abord un premier nettoyage au laveur haute pression pour enlever le plus gros de la saleté.
La machine est ensuite nettoyée de fond en comble à la main avec un peu de javel et avec une éponge.
Pour terminer, nous rinçons à l'eau claire.

Il faut ensuite essuyer les machines avec un chiffon pour éviter les tâches.
C'est une procédure rigoureuse et longue mais obligatoire surtout quand on fait de l'alimentaire.

Côté internet, j'ai changé d'hébergeur pour me retrouver chez WEB QUÉBEC.
La procédure pour se connecter reste inchangée car mon nom de domaine ainsi que le nom de mon site sont identiques.
Le transfert devrait avoir lieu le 15 juin, c'est à dire dans 2 jours si tout se passe bien.
Au jour d'aujourd'hui, j'attends toujours le feu vert de WEB QUÉBEC pour transférer mon site.

Si jamais la connexion s'avérait impossible au soir du 15 juin, le transfert aura lieu dans les 24 à 48 heures suivantes.
Je vous demanderais d'être patient pendant que je règle ces problèmes.
Dans le meilleur des cas, le transfert d'hébergement aura lieu sans que personne ne s'en aperçoive, dans le pire, il faudra attendre quelques jours pour me retrouver.
Merci pour votre compréhension.






séparation retirée

 



Tenue de marin pêcheur

 



Fleurs de sorbier

Mardi 14 Juin 2005

Météo : 14 degrés ce matin et 15 degrés dans l'après-midi.
Deluge toute la journée.

On prend les mêmes et on recommence.
De la pluie, de la pluie et encore de la pluie !!!!!
Pour la deuxième journée consécutive, il pleut des cordes.
Depuis que je suis arrivé au Manitoba, je ne me rappelle pas avoir vu autant d'eau.
Le sol est gorgé et les fossés se remplissent.
Les autorités Manitobaines ont procédé aujourd'hui à l'ouverture du canal de dérivation qui contourne Winnipeg car la Rivière rouge devrait encore monter de 1 mètre ces prochains jours le temps que les eaux de ruissellement parviennent à Winnipeg.
Si le niveau monte trop haut, les riverains de la rivière rouge risquent d'avoir de sérieux problèmes comme en 1997 où de sévères inondations avaient fait d'important dégâts.
La météo devrait toutefois s'améliorer ces 4 prochains jours.

Demain, je me rends à Austin (80 kms de chez moi) pour le "Summer field day".
C'est une manifestation qui a lieu chaque année au mois de juin et qui réunit bon nombre d'apiculteurs manitobains.
Chaque année, cet évènement a lieu chez un apiculteur différent qui fait visiter son exploitation et qui explique sa façon de faire en apiculture.
Je n'ai jamais pris le temps d'y participer mais cette fois-ci, c'est différent car la ferme Nichol's que nous allons voir est spécialisée dans la production de pollen.
La visite risque d'être très intéressante car les Nichol's se servent de 800 trappes à pollen avec toute la logistique que celà implique.
J'améne mon appareil photo et je ne manquerai pas de publier les photos ces prochains jours.

La miellerie est resplendissante et sent la propreté à plein nez.
Tout a été javelisé puis rincé à l'eau claire y compris le sol.
Inutile de dire qu'entre la pluie à l'extérieur et la vapeur à l'intérieur, nous étions légèrement mouillés.
Arthur a passé pas mal d'heures sur le laveur haute pression et j'ai du lui acheter une combinaison étanche jaune pour éviter de se faire tremper.
Ce soir, nous avons mis en route le déshumidificateur pour commencer à sécher les différentes machines ainsi que la miellerie elle-même.
Il ne reste que quelques bricoles à faire et tout sera fin prêt pour le début de la miellée, c'est un soulagement.
Quel plaisir de travailler dans une miellerie spacieuse et fonctionnelle !

Sur la photo du haut, on aperçoit ma fameuse ruche starter que je peux séparer en deux au moyen d'une feuille de tôle.
Quand j'ai besoin de faire des reines, je sépare les cadres de couvain ouvert (dans la hausse) et les cadres de couvain fermé (dans le corps de ruche avec la reine) et le lendemain j'installe ma séparation.
Les abeilles peuvent utiliser les deux entrées (celle du haut à droite et celle du bas à gauche).
Lorsque ma séparation est en place, j'attends quelques heures et j'introduis un cadre porte cupules que les abeilles du compartiment orphelin (hausse) prennent en élevage.
Cette ruche starter est actuellement bourrée d'abeilles à tel point que j'ai eu du mal à glisser mon cadre porte cupules dans la place qui lui était réservée.
J'attends encore 24 heures de plus pour retirer ma séparation et permettre aux deux compartiments de communiquer à nouveau.
J'ai eu du mal à retirer ma séparation, hier soir, car il pleuvait des cordes et la feuille de tôle était recouverte d'beilles.
Dès qu'il fera beau, je vérifierai l'acceptation des cellules.

La fleur du sorbier est vraiment spectaculaire et représente un intérêt certain pour l'apiculture.
Je ne le savais pas lorsque je suis arrivé au Canada, mais c'est une plante méllifère qui attire les abeilles lorsque bien entendu il fait beau, pas comme en ce moment.
Des milliers de petits boutons éclatent littéralement laissant place à une débauche de petites fleurs très attractives pour nos avettes.
C'est un véritble festival !!!

Côté internet et comme je le disais hier soir, j'ai changé d'hébergeur pour me retrouver chez WEB QUÉBEC.
La procédure pour se connecter reste inchangée car mon nom de domaine ainsi que le nom de mon site restent identiques.
Le transfert devrait avoir lieu le 15 du mois de juin, c'est à dire dans 24 heures si tout se passe bien.
Au jour d'aujourd'hui, j'attends toujours le feu vert de WEB QUÉBEC pour transférer mon site.

Si jamais la connexion s'avérait impossible au soir du 15 juin, le transfert aura lieu dans les 24 à 48 heures suivantes.
Je vous demanderais d'être patient pendant que je règle ces problèmes.
Dans le meilleur des cas, le transfert d'hébergement aura lieu sans que personne ne s'en aperçoive, dans le pire, il faudra attendre quelques jours pour me retrouver.
Merci pour votre compréhension.






Route boueuse, il y a quelques jours

 



En route pour le trempage

 



Confection de cadres

Mardi 14 Juin 2005

Météo : 14 degrés ce matin et 26 degrés dans l'après-midi.
Soleil radieux avec un peu de vent

Voilà deux jours que je me bats avec des problèmes informatiques.
Tout d'abord avec un virus qui a infecté ma boite email puis avec mon nouvel hébergeur qui a tardé à faire le transfert de mon site.
Le virus m'a carrément couper l'accès à mes courriers électroniques et ralentissait mon accès haute vitesse à tel point qu'il était impossible d'afficher quoi que ce soit à l'écran.
A l'origine de ce virus, un courriel en provenance (soit-disant) de mon opérateur téléphonique qui me demandait de renouveler mon nom d'utilisateur.
Je ne me suis pas méfier et j'ai cliqué sur le lien, Quelle erreur !!!

Ça m'a pris quelques heures mais j'ai finalement réussi à me sortir du pétrin en restaurant mes systèmes informatiques tels qu'ils étaient il y a deux mois.
C'est une procédure assez facile à faire qui permet de contourner le problème sans toucher aux fichiers et documents importants existants .
Les programmes installés récemment sautent mais les fichiers et autres documents ne bougent pas.

Côté hébergement, j'ai pu télécharger tous mes fichiers chez WEB QUEBEC ce matin.
La procédure s'est relativement bien passée de mon côté.
Si toutefois, vous éprouvez des difficultés en vous connectant à mon site, n'hésitez surtout pas à me le faire savoir.

Côté abeille, je me suis rendu à Austin pour participer à cette journée apicole très intéressante.
J'avais emmené avec moi mes 200 nourrisseurs cadre pour les faire tremper dans la cire bouillante chez Murray mais celui-ci n'a pas pu s'en occuper comme c'était prévu.
La visite organisée débutait en fait chez lui (fabrication de matériel apicole en bois) et les nombreux apiculteurs présents le pressaient de questions et voulaient tout savoir sur ces ateliers de fabrication.

Résultat des courses, j'ai manqué la visite de ses ateliers pour m'occuper moi-même du trempage de mes nourrisseurs.

Je me suis ensuite rendu chez "Mac Gregor wax work" (atelier de transformation de la cire) pour me débarasser de mes vieux cadres.
J'avais emmener avec moi la propolis que nous ramassons l'hiver en grattant les hausses sans savoir qu'elle trouverait acquéreur tout de suite.
Katy Loyd (la directrice) était heureuse comme tout de me voir arriver avec ma propolis car elle venait justement de recevoir une commande d'un laboratoire suédois.
Pour de la propolis propre et de bonne qualité, le laboratoire nous donne 16 dollars la livre, ce qui n'est pas négligeable.
Je ne m'y attendais pas mais je suis reparti avec mon chèque sous le bras, ça fait toujours plaisir.

Tous les soirs, nous déplaçons les ruches pour les regrouper dans des endroits proches des champs de colza.
Cette année, j'ai décidé de mettre 40 ruches par emplacements, c'est plus facile pour m'organiser.
Nous poserons 120 chasse abeille à la fois au lieu de 96.
Ça permettra de ramasser plus vite notre miel et d'accélérer la cadence.
Les nuits sont courtes car il faut d'abord regrouper les ruches sur les palettes et une fois que les palettes sont complètes, nous les chargeons.
Ça prend beaucoup de temps.

Il faut ensuite faire plusieurs kilométres sur des chemins de gravier assez cahoteux pour reposer les ruches sur plusieurs endroits différents.
Le soir, il fait très chaud et avec les quantités d'eau que nous avons eu ces jours derniers, les moustiques pulullent.
Pas question de sortir la nuit sans notre bombe aérosol anti moustique "Off".
Nous pulvérisons du produit sur les mains et le visage sans quoi, nous serions littéralement dévoré.

Jérémy est en plein dans les examens du baccalauréat et il ne peut pas vraiment m'aider .
Arthur m'accompagne de temps en temps car pour soulever les ruches doubles tout seul, c'est pratiquement impossible.






Au frais et à l'ombre




Keith Loyd




Stock de cire

Lundi 20 Juin 2005

Météo : 14 degrés ce matin et 28 degrés dans l'après-midi.
Soleil radieux avec un peu de vent

Comme chaque année, les choses se précipitent.
Impossible de faire mon journal régulièrement car nous sommes submergés de travail.
Il faut tout faire en même temps et c'est très difficile à gérer.
Le colza commence à jaunir mais les abeilles n'ont pour l'instant rien à manger.
Ce matin, je suis parti à Winnipeg pour chercher une dernière fois du sirop.
Nous faisons une tournée complète de sirop car en attendant les dizaines de millions de fleurs qui vont apparaître bientôt, il leur faut de quoi manger.
Bientôt, elles auront du miel à profusion, plus qu'il n'en faut..

Les surfaces de colza sont une nouvelle fois gigantesques, je n'ai que l'embarras du choix pour les emplacements.
Après plusieurs soirées à transhumer, je peux dire que tout est en place ou quasiment.
Il ne reste que trois emplacements à bouger.

Certain champs commencent à fleurir alors que d'autres sortent à peine de terre.
Pour une deuxième année consécutive, la floraison va se prolonger tout l'été, c'est une très bonne chose.
Il fait des chaleurs étouffantes en ce moment et nous suons de grosses gouttes.

Pour éviter d'avoir des gouttes de sueur dans les yeux sous la vareuse, nous utilisons des éponges spéciales qui sont maintenues par un élastique autout du front, c'est très efficace et beaucoup plus confortable.

J'ai vu mon premier essaim hier matin.
Il sortait d'une ruche dans laquelle nous avions trouvé des cellules la semaine dernière.
J'avais pris la précaution de couper toutes les cellules et d'enlever 4 cadres de couvain mais ça n'a pas suffit, il est parti quand même.
Impossible de le récupérer car il s'est joyeusement posé à une dizaine de mètres du sol.
Ce n'est pas le moment d'escalader un arbre ou de se casser une jambe à deux semaines de la première extraction.
J'ai préféré abandonner.

Mercredi dernier, nous avons visité l'usine de transformation de cire dans la petite localité de Mac Gregor à 80 kms de chez moi.
L'usine appartient à Keith et Katy Loyd qui font ce métier depuis très longtemps.
Ils récupèrent la cire de tous les apiculteurs du Manitoba et en importent également des États-unis.
Toute la cire part en Allemagne ou à New york chez des fabricants de cosmétique qui sont très regardant sur la qualité.
La transformation de la cire et la purification sont des excercices très complexes que seul un professionnel comme Keith est capable de maîtriser.

En fonction de la demande du client, Keith peut purifier sa cire jusqu'à la rendre complètement blanche.
En fait, la cire qui sort des glandes cirières des abeilles est blanche et ce n'est que plus tard qu'elle prend sa teinte jaune or.
La cire prend une teinte jaune car elle se retrouve rapidement en contact avec le miel, la propolis et le pollen mais l'usage de filtre très puissant permet de retrouver cette couleur naturelle.

La Rivière rouge est en crue et beaucoup de champs sont encore inondés.
La commission Canadienne du blé estime que 15% (1 million d'acres) des terres cultivables ne seront pas ensemencés cette année en raison des pluies diluviennes que nous avons eues.
Les terres sont gorgées d'eau et les tracteurs ne peuvent s'y rendre.
Beaucoup de fermiers se retrouvent dans une situation catastrophique et envisagent de fermer boutique si rien n'est fait.

Mes 48 compartiments pour produire des reines sont peuplés et recevront chacun dès demain leurs cellules royales.






Arthurix et le chaudron



Grilles à reine propres



Premières fleurs de colza

Mercredi 22 Juin 2005

Météo : 17 degrés ce matin et 31 degrés dans l'après-midi.
Soleil de plomb avec un peu de vent

Il fait très chaud et l'air que nous respirons est très humide.
La climatisation tourne à plein régime à la maison sans quoi nous ne pourrions pas dormir la nuit.
Il faut absolument que j'arrive à dormir pour être en forme le lendemain matin.

Dès demain, nous commençons à retirer les lanières de checkmite pour placer nos grilles à reine.
Voilà 13 jours que celles-ci sont en place et j'espère qu'une bonne partie des varroas aura succombé.
Il m'est impossible de les laisser plus longtemps en raison de la miellée qui approche.
Avec un traitement aussi court que ça (13 jours au lieu de 42), il est pratiquement certain que le taux d'infestation de mes ruches au niveau varroas va augmenter cet été, ce qui veut dire que je serais obligé de faire un traitement d'automne pour éviter des problèmes plus tard..

Dans quelques jours nous placerons les hausses juste avant que la grande miellée commence.
Vu les conditions météo idéales que nous avons en ce moment, certaines champs commencent à jaunir (voir photo du bas).

Les abeilles sont très actives en ce moment et butinent sur la moutarde.

Le nourrissement est terminé jusqu'à cet automne et nous avons pu remiser la citerne et les pompes à sirop.

En plus de la chaleur qu'il faisait aujourd'hui, nous avons allumé un feu pour faire bouillir de l'eau.
Inutile de dire que nous avons sués de grosses gouttes, c'était tout juste supportable.
But de la manoeuvre, le nettoyage des grilles à reines.

Nous plongeons les grilles dans de l'eau bouillante pour nous débarasser de la cire, c'est plus pratique pour les installer sur les ruches.
Pour attrapper les grilles sans les endommager et sans se brûler, j'utilise une planchette de bois très fine équipée d'un clou à son extrémité.
La pointe du clou est disquée et dépasse de quelques millimètres seulement de la planchette pour éviter de sortir 2 ou 3 grilles à la fois.
Il ne faut absolument pas tordre les fils de fer car la reine pourrait passer à travers.

J'utilisais un outil beaucoup trop large auparavant et il m'arrivait d'endommager les grilles.
Quand une grille est endommagée, il est très difficile de la réparer car l'écartement des fils est toujours soit trop large soit trop serré.
Même en faisaint très attention, il est pratiquement impossible de retrouver l'écartement d'origine.
C'est un travail qui nous a occupé une bonne partie de la journée.

Demain, mon premier essaim de la saison.







Péril en la demeure


8 mètres de haut


Frénésie pour rentrer à l'intérieur

Jeudi 23 Juin 2005

Météo : 20 degrés ce matin et 32 degrés dans l'après-midi.
Soleil de plomb

C'est un véritable climat tropical que nous avons en ce moment.
Le matin, lorsque je sors de la maison, je ressens une bouffée de chaleur et une odeur végétale envahit mes narines.
Il y a un parfum d'humus dans l'air et on se sent vraiment bien.

Nous sommes partis au rucher vers 9 heures du matin pour mettre en place les grilles à reine.
J'utilise cette année un répulsif pour faire descendre les abeilles et la reine dans le corps de ruche principal.
Une fois que les abeilles commencent à sortir de la ruche, je soulève la hausse, je retire les lanières de checkmite et je mets en place la grille qui restera tout l'été.
Les hausses seront installées plus tard lorsque le coumaphos aura disparu.
Il n'y a pas urgence et nous avons encore le temps.
Certains champs sont à peine sortis de terre et le colza le plus précoce fait seulement 50 cm de haut.

Aujourd'hui, les abeilles faisaient beaucoup plus d'aller et retour que l'autre jour et du nectar très frais et très liquide se trouvait dans les rayons.
A peine inclinions-nous les cadres que le miel nous coulait sur les pieds.
La moutarde est très méllifère ainsi que la luzerne.
La plupart des fermiers ont déjà commencé à couper leurs champs de luzerne mais certains champs demeurent intacts et les abeilles y sont nombreuses.

Vers 9h30 ce matin, en arrivant à notre premier rucher, nous avons pu voir un essaim se poser sur une branche.
Celui-ci venait de sortir d'une ruche et s'est installé sur une branche à hauteur d'homme.
Nous avons essayé de le mettre en ruche sans grand succés car celui-ci s'est envolé très rapidement à mon grand désespoir.
Je venais de découper les branches environnantes avec un sécateur et je m'apprêtais à sectionner la branche principale lorsque la reine s'est envolée, entraînant derrière elle les autres abeilles à travers champs.
C'était un essaim formidable qui aurait pu largement produire une quantité de miel considérable.
Nous l'avons regardé s'éloigner sans pouvoir faire quoi que ce soit.

Dimanche dernier, j'ai eu beaucoup plus de chance car j'ai pu en récupéré un en fin de soirée lorsque les abeilles étaient très calmes.
Un voisin m'avait prévenu le matin même qu'un essaim se trouvait dans son jardin.
En me rendant sur place, j'ai vite réalisé qu'il était trop haut et que sa récupération était vraiment dangereuse (risque de chute et de blessures).
Sur le coup, j'ai préféré abandonné mais lorsque je suis revenu en soirée, l'essaim était toujours là.

Le problème principal pour le récupérer, c'était la hauteur (environ 8 mètres).
Comment faire pour récupérer un essaim qui se trouve à 8 mètres.
Nous nous sommes grattés la tête un bon moment pour essayer de trouver une solution efficace et sans danger.
Nous avons donc empilé une quinzaine de palettes sur les fourches du swinger.
La plateforme ainsi créée était relativement stable mais une fois hissée au sommet du swinger, elle avait tendance à trembler, ce qui n'était pas pour me rassurer.

Je suis quand même monté au sommet mais l'essaim était encore très loin de moi.
Pour l'atteindre , je me suis armé d'un grand rateau et j'ai secoué la branche pendant un bon moment.
Au préalable, nous avions disposé sur le gazon une ruche à l'endroit précis où l'essaim allait atterir.

Nos calculs étaient bons car celui-ci s'est lourdement retrouvé devant la ruche après une chute de 8 mètres.
Après pratiquement 8 heures passées en plein soleil, les abeilles ne se sont pas fait prier et sont rentrées docilement à l'intérieur.






Moutarde sauvage


Elagage des branches


La poudre d'escampette

Samedi 25 Juin 2005

Météo : 7 degrés ce matin et 18 degrés dans l'après-midi.
Soleil toute la journée avec quelques passages nuageux

Le thermomètre est descendu assez bas cette nuit et affichait 7 petits degrés ce matin.
La grosse période de chaleur que nous avons eu ces jours derniers est terminée et nous risquons bien de nous retrouver dans une période de temps incertain et instable.
Dans un sens, je préfère que le thermomètre redescende un peu car à ce rythme, le colza n'aurait pas fleuri longtemps.
Ces grosses chaleurs auront eu pour effet de pousser les abeilles à construire des cellules royales un peu partout avec toutes les conséquences que celà entraîne.

A chaque fois que j'installe une grille à reine, je vérifie s'il y a des cellules royales entre les hausses.
A cet endroit, il y a beaucoup d'espace et les abeilles peuvent aisément y édifier des cellules.
Nous coupons les cellules pour essayer de limiter l'essaimage mais vu le nombre d'abeilles, il est quasiment impossible de tout vérifier.

Sur la photo du milieu, je suis entrain d'élaguer les branches pour pouvoir mettre un essaim en ruche mais l'opération n'a pas fonctionné comme je voulais.
Les abeilles ont commencé par s'envoler (photo du bas) et n'ont même pas tenté de rentrer dans la ruche que j'avais installé plus bas.
J'aurais dû me munir d'un pulvérisateur avec de l'eau froide pour arroser la grappe.
L'eau froide a pour effet d'apaiser la fièvre d'essaimage et de calmer les abeilles.
Impossible de savoir où cet essaim a fini sa course.

Jusqu'à présent, nous avons mis en place environ 300 grilles à reines.

J'ai inspecté les 100 ruchettes que j'ai fait le 1er juin dernier et tout se passe bien.
Sur 50 colonies doubles, j'ai installé 20 hausses.
Avant de poser la hausse, je mets en place ma grille à reine du mieux que je peux pour éviter que les reines des 2 compartiments ne communiquent.
L'espace entre la grille et la partition qui sépare les deux compartiments doit être le plus petit possible.

Je suis très satisfait de mes reines d'élevage car elles ont une couleur très jaune.
Reste à savoir si elles vont se comporter de la même manière que les reines souches.
L'habit ne fait pas le moine comme on dit et encore moins la couleur.
Je voulais des reines jaunes (italiennes) depuis plusieurs années et j'y suis enfin arrivé.

Mes élevages se déroulent vraiment bien, je ne peux pas me plaindre.
Tous les 6 jours, je disposent mes nouvelles cellules royales dans l'incubateur.
Le taux d'acceptation était assez faible les premières fois (météo incertaine) mais depuis cette vague de chaleur, celui-ci a grimpé à environ 85%, ce qui est vraiment bien.
L'incubateur fonctionne parfaitement et je peux régulièrement y prélever des cellules fraîches.
Je fais attention à garder le taux d'humidité assez élevé car les cellules ont tendance à se craqueler s'il fait trop sec.
Pour celà, je maintiens des bacs remplis d'eau juste en dessous des cellules.
Celà contribue à garder les cellules intactes.






Trieur à pollen

Séchoir


Pâté de pollen

Lundi 27 Juin 2005

Météo : 14 degrés ce matin et 15 degrés dans l'après-midi.
Pluie persistente avec couverture nuageuse

Il faisait très mauvais ce matin et le sol était détrempé.
Nous n'avons rien pu faire car il est quasiment impossible de nous rendre sur les emplacements.
Vers 10 h du matin, je suis parti vérifier si mes toits avaient résistés aux rafales de vent de cette nuit.
Nous n'avons trouvé que 2 toits envolés.

Il a plu une bonne partie de la nuit avec des éclairs et du tonnerre, il est tombé encore une fois des quantités considérables de pluie, ce qui n'est pas fait pour arranger le niveau de la "Rivière rouge" qui menace maintenant de déborder dans l'Est de la province.

Quelques photos de la ferme Nichol's qui produit du pollen.
Les 700 trappes sont récoltées tous les trois jours (environ 250 trappes tous les jours) en fonction des conditions météorologiques.
Le pollen est ensuite ramené à la ferme pour être séché.

Les Nichol's ont choisi de déshumidifier le pollen en utilisant le froid et non la chaleur.
Il faut dire que les quantités récoltées sont très importantes et que le dispositif doit être adapté au volume.

Pour celà, les Nichol's disposent d'un local réfrigéré équipé de grandes tables de séchage (milieu).
Le pollen est étalé sur des plateaux grillagés (7 kgs par table) et perd petit à petit son humidité.

Les grilles à reine que je n'ai malheureusement pas pu photographié possèdent un tiroir latéral et un fond complètement grillagé.
Le design de cette trappe à pollen est complètement personnalisé et ne ressemble en rien à ce que l'on trouve dans le commerce, les frères Nichol's y apportent des modifications en permanence et chaque année, celles-ci fonctionnent de mieux en mieux.

Au début de l'été, les employés retirent le fond normal pour installer la trappe à pollen.
Ils utilisent pour celà la même machine que moi, c'est à dire un billet esay loader.
Les ruches sont soulevées en l'air puis les fonds sont remplacés par les trappes à pollen.

A partir de ce moment là, la trappe joue le rôle de fond.
Ce n'est pas un accessoire que l'on intercale entre le fond et le corps de ruche.

La trappe est équipée d'un fond grillagé pour l'élimination naturelle des varroas.
Les ruches sont installées sur des palettes comme les miennes et les employés peuvent ouvrir les tiroirs sur les côtés des palettes sans déranger les abeilles.
Les trappes sont installées au début de la grande miellée (début juillet ) jusqu'à la fin août.
A cette époque de l'année, le pollen est abondant et même si l'apiculteur prélève un peu de pollen chaque jour, celà n'affecte en rien la récolte de miel et la ponte de la reine.
Les fonds normaux retrouvent leur places définitives quelques jours avant la rentrée scolaire.

Les Nichol's fabriquent des pâtés de pollen extrêmement riches en protéine.
Les pâtés de 500 grs que l'on voit dans le fond du carton (photo du bas) contiennent environ 20% de pollen naturel.
Depuis qu'ils utilisent leur propre pâté à base de pollen naturel, les Nichol's voient une différence énorme au niveau de la qualité du couvain.
Les colonies se développent plus vite et les plaques de couvain sont très régulières.

Une fois récolté et avant d'être incorporé dans les pâtés, le pollen est expédié dans une usine pour y être irradié, ceci afin d'éliminer les spores de bacillus larvae (loque américaine).
Ce traitement permet d'éliminer tout risque de contamination et les Nichol's peuvent ainsi commercialiser leur pâté de pollen sans aucun risque.

Chaque année, les Nichol's produisent environ 4,5 tonnes de pollen, ce qui représente un complèment de revenu non négligeable surtout lorsque le prix du miel est au plus bas, comme en ce moment.