FRENCH BEE FARM
LA FERME APICOLE FRANÇAISE


Archives "Photos du jour" mois de Mai 2008


erable manitoba
Erable du Manitoba en bourgeon

 

 

abeille sur peau
J'ai manqué l'entrée de la ruche

 



atterrissage abeille
Atterissage difficile

Mardi 6 Mai 2008

3 degrés ce matin et +16 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec très peu de vent

Voilà 10 jours que je n'ai rien écris dans mon journal.
Lorsque je traverse des moments de stress comme en ce moment, je perds le goût d'écrire car je suis bien trop préoccupé par autre chose pour pouvoir me consacrer à mon journal.
Les abeilles nous mènent la vie dure en ce moment mais pas dans le bon sens du terme, c'est à dire que nous perdons énormément d'abeilles consécutivement à des conditions météo détestables.
Les ruches se vident et nous ne pouvons que constater les dégâts.

Depuis le 24 avril, il fait très mauvais.
La tempête a fait beaucoup de mal aux colonies puisque la neige a mis pratiquement 8 jours à fondre mais depuis, le thermomètre ne veut pas remonter.
Les températures sont très fraîches et les abeilles restent coincées à l'intérieur des ruches, les reines ne pondent plus.
Les plaques de couvain pondues avant le 24 avril sont toujours là mais les places disponibles après la naissance des nouvelles abeilles restent désespérement vides.
Pire que ça, les vieilles abeilles qui ont passé l'hiver meurent en grand nombre et ne sont pas remplacés.
Résultat des courses, des ruches pas belles à voir et des crises d'énervement après la météo qui ne veut pas coopérer.

Le thermomètre semble bloqué en dessous de zéro pendant la nuit et lorsque le soleil se lève le lendemain matin, il faut pratiquement attendre la mi-journée pour obtenir une température acceptable pour l'apiculteur mais insuffisante pour que les abeilles s'envolent.
En milieu d'après-midi, lorsque le soleil commence à descendre vers l'horizon, la température redescend dèjà, soir un créneau météo de 3 à 4 heures maximum.
Pour couronner le tout, les journées ou la température pourrait être agréable, un vent du nord glacé se met à souffler et vient clouer les abeilles dans les ruches.
Impossible de pratiquer l'apiculture dans ces conditions.

Depuis le 3 et le 4 avril, jour de leur première sortie du caveau d'hivernage, mes colonies n'ont pas ramassés un seul grain de pollen.
Nous nourrissons au pâté de pollen mais on voit bien que le pollen naturel fait cruellement défaut.
On s'aperçoit assez rapidement des limites de l'usage de la farine de soja (BEEPRO).
C'est la première fois depuis 9 ans d'apiculture au Canada qu'il aura fallut attendre le 5 et le 6 mai pour voir enfin rentrer les premières pelotes de pollen dans les ruches.
Inutile de dire que la semaine dernière, c'était vraiment la panique complète car les ruches dépérissaient à vu d'oeil.
Je n'ai jamais vu un début de saison pareil.

J'ai téléphoné à plusieurs apiculteurs de ma connaissance qui rencontrent eux aussi les mêmes problèmes que moi (dépeuplement massif, manque de pollen).
Sans notre intervention, nous aurions pu perdre un nombre considérable de ruches trop faibles.
En dépit du temps froid, nous avons quand même continué à visiter nos ruches et à prélever des cadres de couvain dans les plus fortes pour sauver les plus petites.
Avec acharnement, nous avons réussi à limiter la casse et à conserver le nombre de colonies prévu pour la production alors qu'à d'autres endroits du Manitoba, certains apiculteurs accusent 50 à 80% de pertes.
Nous avons encore beaucoup de travail devant nous pour redresser nos colonies mais je peux d'ors et déjà dire que le pire est derrière nous car petit à petit les colonies reviennent.
Comparativement aux ruches simples ayant passé l'hiver dans le hangar, les ruches doubles ayant hiverné dehors sont surprenantes puisque sur 132 colonies, 92 sont très fortes et fourniront d'ici peu des centaines de cadres de couvain.
Ces résultats sont très encourageants et confirment ce que je pensais à propos de l'hivernage en extérieur sous des enveloppes isolantes.
Si la saison se déroule comme prévu, je compte bien acheter des housses isolantes supplémentaires car ce mode d'hivernage me convient très bien.

Dans notre malheur, nous avons quand même de la chance car les fermiers alentour ont pris beaucoup de retard dans leur semis et la période de floraison pourrait être fortement décalée.
Nous avons besoin de beaucoup plus de temps que d'habitude pour préparer les ruches et ce retard au niveau des semis m'arrange bien, il faut le dire.

Le phénomène de dépeuplement a également touché les doubles ruchettes qui accumulent également un retard important alors qu'à cette époque l'année dernière, nous les avions déjà transvasé.

Dans tous les cas, le calendrier que j'avais en tête a dû être complètement chamboulé.
Il nous faut nous adapter et maintenir les ruches dans le meilleur état possible et je ne doute pas que lorsque des conditions météo optimales se présenteront, les abeilles sauront rattrappés leur retard.
Comme me le disais un ami de Dauphin, les saisons difficiles au moment du printemps finissent souvent en beauté avec des récoltes record.
Le prix du miel a fortement monté et il n'est pas question que je manque cette saison.
J'ai maintenant encaissé le choc et j'essaye de positiver.
Il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas.
Mes ruches ne sont pas malades, nous les soignons correctement comme il se doit, le seul paramêtre qui coince, c'est la nature qui ne veut pas suivre.

J'étais tellement préoccupé par mes abeilles que je ne me suis même pas aperçu que mon compteur de visites avait atteint les 100 000 visiteurs.
Quand j'ai démarré ce site il y a maintenant 5 ans, je ne m'imaginais pas qu'autant de gens viendraient partagé mes expériences canadiennes.
Depuis tout ce temps, je reçois des courriers d'un peu partout dans le monde y compris du continent nord américain pourtant anglophone et mon carnet d'adresse s'étoffe chaque semaine.
Les messages d'encouragement et de félicitations sont très nombreux et me font souvent rougir mais ce qui me fait le plus plaisir, c'est la manière dont les gens aiment partager leur expérience avec moi et me poussent à communiquer avec eux.
Ce journal m'a permis de rencontrer virtuellement beaucoup de monde que je n'aurais jamais connu sans celà et je suis bien décidé à le poursuivre même s'il est moins régulier que précédemment.
Mon exploitation devient de plus en plus grosse et bien souvent, le temps me manque.
A très bientôt.



semis lourdes
Semis tardif

deshabillage facade
Démontage des tôles de la miellerie


fenetre chambre chaude
Modification de la fenêtre

Samedi 10 Mai 2008

0 degré ce matin et +9 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec du vent du nord

Depuis bientôt dix ans que je vis au Canada, je crois bien que je n'ai jamais vu ça.
Depuis un mois et 10 jours que les abeilles sont dehors, la situation ne s'améliore pas du tout.
Il fait toujours aussi froid la nuit, le vent frais du nord souffle pratiquement tous les jours, nous n'avons encore pas vu une seule feuille sur les arbres, les abeilles ne peuvent que très rarement s'approvisionner en pollen et nous nourrissons toujours aux pâtés de pollen.
Je viens de passer mon vingtième sac de BEEPRO alors que d'habitude j'utilise 10 voir 12 sacs pour toute la saison, c'est à n'y rien comprendre, on dirait que quelque chose s'est déréglée dans la nature et que celle-ci ne veut pas se réveiller.
Les pelotes de pollen sont très rares sur les plateaux de vol et les colonies se ruent sur les pâtés de pollen que je dispose sur le dessus des cadres à tel point que si les fleurs de pissenlit ne montrent pas rapidement le bout de leur pétales, je risque bien de tomber en panne de BEEPRO.
La nature en ce moment n'est pas généreuse et même si les abeilles batifollent à courte distance du rucher, le vent frais qui souffle à la cime des arbres réduit considérablement leurs déplacements.
Même si les ruches sont situées dans des endroits abrités, il n'en reste pas moins que les abeilles doivent chercher leur nourriture sur les branches des nombreux peupliers environnants et le vent les en empêche.

Les fermiers ont envahi la campagne environnante et ont déballé leur matériel impressionnant.
De partout, nous pouvons voir les larges semeuses qui tranchent la terre sur une quinzaine de mètres de large en déposant les semences.
La période des semis est elle aussi tardive et il y a fort à parier que les graines prendront leur temps pour germer car le sol n'est dégelé que sur 30 centimètres environ.
Avec le froid que nous avons pendant l'hiver, le gel descend jusqu'à 1m 50 et le sol met très longtemps pour se réchauffer, pour l'anecdote, la moindre petite conduite d'eau est enterrée à 1m 80 (6 pieds) pour éviter d'exploser.

En attendant des conditions meilleures, nous nous occupons à la ferme et notamment à la miellerie.
J'avais depuis longtemps l'envie d'installer un système d'évacuation intégré au batiment pour pouvoir évacuer les abeilles prisonnières de la chambre chaude, c'est maintenant chose faite.
Il faut dire qu'en période de récolte, lorsque nous ramenons les hausses de miel dans la chambre chaude, je me retrouve très souvent avec beaucoup d'abeilles collées sur la vitre.
Lorsque j'ai conçu les plans de cette miellerie en 2004, j'ai fait installer une fenêtre au sud de la chambre chaude pour pouvoir attirer les abeilles que nous ramenons des champs à l'intérieur des hausses à miel.
Bien à l'abri dans la chambre chaude, les abeilles sortent des boîtes et se dirigent vers la lumière et bizarrement s'agglomérent en grappe au niveau supérieur de la fenêtre dans chaque angle.
Les hausses ne sont jamais vides à 100% d'abeilles et nous nous retrouvons bien souvent avec des kilos d'abeilles collées sur la paroi vitrée et il faut bien les récupérer.
Pour faire ce travail, j'utilise très souvent un système d'aspiration des plus banal qui stocke les abeilles dans un container plastique à mi-distance entre l'aspirateur lui-même et la buse d'aspiration , les abeilles ne souffrent pas de ce transfert mais passe beaucoup trop de temps sur la vitre.
J'ai donc décidé de modifier la fenêtre de la chambre chaude pour intégrer un système d'évacuation des abeilles entre la fenêtre elle-même et le linteau de fenêtre.

Le principe est très simple : au lieu de rester sur la vitre, les abeilles grimpent dans deux coudes PVC situés dans les angles supérieurs de la fenêtre et sortent rapidement à l'extérieur à travers un cône fabriqué à partir d'un grillage fin.
A la sortie des cônes, perchés à environ 2 mètres du sol et de chaque côté de la fenêtre, nous installerons deux ruches sur deux solides étagères qui attireront les abeilles à leur sortie de la chambre chaude.
Une fois pleine d'abeilles, les ruches seront transportées à distance et remplacées ensuite par d'autres ruches.

Le défi consistait à installer ce système sans toucher au linteau de fenêtre.
Avec Gerhard, nous avons donc commencé à enlever les deux tôles qui recouvraient la façade pour pouvoir démonter la fenêtre.
En quelques heures, nous avons réussi à abaisser le niveau de cette fenêtre de 25 cm pour créer une petite niche à la partie supérieure de manière à loger nos deux coudes PVC (voir photo du bas).
Il reste à installer un parement des deux côtés de la paroi et le tour est joué.


demontage tole
A pied d'oeuvre

trou coude
Vue de l'intérieur

coude évacuation
Vue de l'extérieur

Dimanche 11 Mai 2008

-5 degrés ce matin et +17 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil sans vent

Condition idéale pour l'apiculture aujourd'hui.
Malgré un -5 degrés désespérant ce matin à 7 heures, le thermomètre est monté en fléche dès que le soleil a franchi l'horizon et vers 10h30 ce matin, les colonies qui se trouvent devant la maison étaient en plein boum.
Vers 10h30, je suis sorti de chez moi et j'ai rapidement constaté qu'il y avait un bourdonnement inhabituel dans les saules juste à côté de mon garage.
Les planches d'envol étaient saturés de butineuses qui revenaient les pattes chargées d'énormes pelotes.
Inutile de dire que j'étais agréablement surpris par tant d'activité.
Depuis des semaines, les colonies croupissent dans les ruches et font pitié à voir mais aujourd'hui le spectacle était différent et je dois dire que les abeilles ne se sont pas trompées en se ruant dehors pour ramasser du pollen.
Lorsque les conditions météo sont favorables, il est stupéfiant de voir à quelle vitesse les abeilles se précipitent dehors pour ramasser le précieux pollen.
Ces fabuleux insectes ont des capacités d'adaptation qui dépassent l'entendement et je suis vraiment admiratif.
Les abeilles sont en retard (environ 3 semaines) mais je suis persuadé que si nous avons de bonnes conditions météorologiques pendant la floraison du pissenlit, il y a de fortes chances pour que celles ci rattrapent leur retard.
De plus, nous avons encore le mois de juin pour les préparer et certainement une bonne quinzaine de jours en juillet avant la floraison du colza.
Vu la période tardive des semis, le colza risque bien d'être en retard lui aussi.

Les prévisions météo pour les prochains jours sont assez bonnes.
Mise à part ce lundi qui est annoncé pluvieux, nous devrions atteindre les 19 degrés jeudi et un autre 17 degrés ce mercredi.
Il était quand même anormal d'avoir toujours la chaudière de la maison allumée à la mi mai et de sortir dehors avec gants et bonnet.
J'espére que cette fois-ci, nous n'aurons pas d'autres surprises et que nous pourrons travailler correctement.

Je pensais profiter de mon week-end pour me reposer mais vu les conditions météo, j'ai enfilé ma combinaison d'apiculteur et je suis parti aux ruchers.
Toute l'après midi, j'ai vu des milliers d'abeilles rapporter du pollen sur les pattes arrières, un vrai régal pour mes yeux d'apiculteur.
En une journée, les rayons de rive se sont copieusement remplis de pollen multicolore si caractéristique du printemps et si riche en protéine.
Les planches d'envol étaient saturées car avec mes réducteurs d'entrées, les abeilles perdent un petit peu de temps pour pénétrer dans les ruches et doivent se mettre en file indienne comme toutes les autres.
J'usqu'à présent, ces réducteurs m'ont bien rendu service en conservant la chaleur à l'intérieur de la ruche mais si le beau temps s'installe, il faudra certainement les retirer.
Normalement, les nuits prochaines devraient être plus chaudes ce qui devrait favoriser la ponte de la reine.


cone
Deux longueurs différentes

cone en place
Un petit air de "Jean Paul Gaultier"


agraffe
Agraffes intérieures

Mardi 13 Mai 2008

+4 degrés ce matin et +14 degrés dans l'après-midi.
Pluie cessant en matinée et éclaircie en après-midi
Toujours pas de feuilles dans les arbres.

Cette fois-ci, la météo ne s'était pas trompée en nous annonçant de la pluie.
Ce n'est pas une petite bruine que nous avons eu mais bel et bien des trombes d'eau qui se sont abattues sur le Manitoba.
Nous qui manquions d'eau, nous sommes maintenant servis.
Nous commencions à nous demander si nous n'allions pas tout droit vers une sécheresse mais heureusement pour nous, le ciel nous a écouté et a baigné le sol manitobain sous des seaux d'eau une bonne partie de la journée.
En après-midi, nous avons eu droit à une petite accalmie qui nous a permis d'aller chercher les ruchettes qui seront transvasées ce vendredi.
Les ruchettes doubles qui sont regroupées par deux sur des palettes spéciales sont séparées le moment venu pour pouvoir être transvasées.
Impossible de transvaser 4 compartiments au même endroit sans créer une confusion terrible au niveau du repérage des abeilles, aussi nous emmenons la moitié des ruchettes doubles à la ferme et nous laissons l'autre moitié sur place.
Nous avons donc ramené 50 ruchettes doubles que nous avons installées comme d'habitude au fond du jardin.
J'ai la chance d'avoir une grande propriété (5 hectares) qui me permet d'exercer mes activités apicoles sans déranger ma vie familiale et sans perturber les habitants de "Lourdes".

Le printemps pointe enfin le bout de son nez avec des températures de rêve pour toute la fin de semaine.
Ce beau temps arrive au bon moment car j'ai 100 reines qui arrivent mercredi prochain.
Nous allons traverser une période difficile car en quelques jours, nous devons transvaser 164 ruchettes et trouver 200 cadres de couvain pour mercredi prochain.
Pour calmer le jeu, nous avons décidé de transvaser uniquement 100 ruchettes ce vendredi dans des ruches normales puis samedi, ces ruchettes seront reconditionnées, c'est-à-dire, nettoyées, grattées, repeintes si nécessaire pour accueillir mercredi prochain les 200 cadres de couvain avec les 100 reines.
Inutile de dire que l'entrepôt qui nous sert actuellement d'atelier (hangar d'hivernage) va se vider de tout le matériel que nous avons stocké ce dernier mois.
Je n'ai pas encore la météo de lundi et de mardi prochain mais j'espère qu'il fera suffisamment chaud pour ouvrir les ruches et trouver le couvain dont nous avons besoin.
Les ruches que nous avons hivernées dehors sont belles et devraient nous fournir suffisament de cadres pour satisfaire nos reines.
Nous avons passé beaucoup de temps la semaine dernière avec Gerhard pour équilibrer nos ruchettes, elles sont maintenant prêtes pour leur déménagement avec une semaine de retard par rapport à l'année dernière ce qui n'est pas si grave.

Notre nombre de ruches est maintenant stable puisque toutes les ruches crevées ont été ramenées à la ferme.
Nous arrivons donc à un total de 104 ruches mortes pour cet hiver soit 19,69% de notre cheptel.
Concernant les ruchettes, c'est mieux puisque sur 210 colonies, 179 ont survécu soit 14,76% de perte, une différence incroyable avec l'année dernière ou j'avais atteint les 25% de perte.
Pour les ruches qui ont hiverné dehors, nous arrivons à un pourcentage plus intéressant que pour l'hivernage indoor soit 15,9%, ce qui est inespéré compte tenu des conditions de froid extrêmes que nous avons eues cet hiver.
Concernant l'état des colonies doubles qui ont hiverné dehors, il n'y a pas photo !!!, c'est d'ailleurs assez spectaculaire à regarder car les abeilles sont très nombreuses et réparties sur les deux boites.
Il n'y a pas de comparaison possible entre les deux modes d'hivernage, les ruches doubles qui ont passé l'hiver dehors sont bien plus en avance que celles qui étaient bien au chaud cet hiver, c'est indéniable.
Une leçon à retenir pour la gestion de mes ruches l'hiver prochain, il va sans dire !!!
Toute ruche confondue, nous arrivons à 18,29% de perte ce qui n'est pas trop pire comparé au 25% habituel.
La saison n'est pas encore gagnée, loin de là car beaucoup de ruches sont encore à la traîne, du boulot en perspective !!!

J'ai mis au point mes cônes pour le "chasse abeille" géant que j'installe sur la fenêtre de la chambre chaude.
Je me suis gratté la tête un bon moment pour savoir comment découper mon grillage en forme de cône à partir de quelque chose de plat au départ.
C'est finalement Gerhard qui m'a donné la solution en me conseillant de dessiner un arc de cercle terminé par une pointe (genre chapeau pointu).
A l'aide d'un feutre indélibile fixé sur mon compas avec un scotch d'électricien, j'ai pu tracer mon demi-cercle terminé par une pointe très facilement.
Une fois découpé avec une bonne paire de cisaille, il suffit ensuite de rouler le grillage pour obtenir un cône parfait et le tour est joué.
Reste ensuite à trouver le moyen de ligaturer ensemble les deux bords du cône pour éviter des ouvertures latérales, le but étant de faire cheminer les abeilles jusqu'au bout du cône en évitant des sorties sur les côtés.
J'aurai pû bien entendu riveter les deux parties du grillage ensemble mais l'idée d'utiliser des agraffes m'a paru beaucoup plus simple à réaliser.
Armé d'une pince et de morceaux de fil de fer, je me suis amusé à faire traverser les fils d'acier de part en part puis à tordre les bouts de chaque côté pour maintenir le grillage en place.
En cinq minutes, mes deux cônes étaient prêts et il ne me restait plus qu'à les installer au dessus de la fenêtre (voir photo du milieu).
Mon système sera prêt dans quelques jours mais auparavant, nous avons du travail sur les abeilles.



tremble
Feuille de tremble

dechargement nuc
Equilibre précaire


transvasement
Transvasement des ruchettes

Vendredi 16 Mai 2008

+7 degrés ce matin et +23 degrés dans l'après-midi.
Grand soleil avec grosses rafales de vent

Cette fois, ça y est, c'est parti.
On pourra dire que nous sommes passés de l'hiver à l'été sans passer par la case printemps.
Avec les températures que nous avons depuis mercredi, on se croirait sur une autre planète tellement c'est agréable.
Depuis mercredi matin, il fait beau et même très beau, les arbres commencent à verdir ici et là et les abeilles sont passées à la vitesse supérieure.
En 3 jours, la situation a complètement changé puisque les abeilles qui croupissaient mollement à l'intérieur des ruches se trémoussent frénétiquement à la surface des rayons en exécutant leur fameuse "danse".
Leur vie a complètement changé et la mienne aussi par la même occasion.
Mon moral était au plus bas la semaine dernière puisque les colonies ne progressaient absolument pas voir même régressaient et maintenant c'est tout le contraire.
Ma bonne humeur est en fait proportionnelle à la taille des rayons de pollen qui grossissent rapidement en ce moment, c'est le moins qu'on puisse dire.
Depuis trois jours, les abeilles ont effectué un parcours sans faute.
Elles ont stocké des quantités considérables de pollen qui font plaisir à voir et qui donnent au couvain un bien meilleur aspect mais ce qui est hallucinant, c'est de voir à quelle vitesse les reines pondent.
En trois jours, les cadres qui jusqu'à maintenant étaient désespérement vides, se sont remplis d'oeufs et de larves qui baignent dans une gelée royale brillante.
Par dessus le marché, les nuits sont chaudes et la ponte est donc ininterrompue.
Je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuer mais je crois qu'à cette vitesse, les colonies auront tôt fait de rattrapper leur retard.
La cerise sur le gâteau, c'est que depuis jeudi matin, le pissenlit commence à fleurir et que presque instantanément, les abeilles trouvent du nectar et le ramènent à la ruche.
Les rayons de rive sont remplis de nectar frais et il règne une odeur très caractéristique autour des ruches.
Nous prélevons toujours des cadres de couvain lorsque c'est possible et les boîtes de couvain que nous transportons dans la voiture émettent un parfum de miel vraiment très agréable.
Les pissenlits n'apparaissent pour l'instant que dans les talus, là ou il fait le plus chaud mais pour l'instant les pâturages sont vides de fleurs.
Inutile de dire qu'il était temps que la nature se réveille.

Dans le même temps, nous avons procédé au transvasement des ruchettes doubles selon ma bonne vieille méthode, c'est à dire, une ruche à droite et une ruche à gauche avec la ruchette double au milieu (voir photo du bas).
Chaque compartiment est déménagé dans la ruche d'à côté en prenant soin de déménager la reine en même temps puis la ruchette est enlevée et les deux ruches sont rapprochées.
Les abeilles qui se trouvent encore au fond de la ruchette sont secouées plus loin et retournent au même emplacement.
Pas plus de 5 minutes par ruchette, c'est le rythme que nous avons tenu ces deux derniers jours soit 164 compartiments.
Avec l'habitude, nous repérons facilement la reine et une fois celle-ci transvasée à l'intérieur de la ruche, le reste de l'opération ne prend pas plus d'une minute.
Depuis jeudi matin, nous n'avons jamais utilisé l'enfumoir et jamais nous ne nous sommes fait piqués.
Les opérations de transvasement sont très rapides lorsque nous n'utilisons pas d'enfumoir.
La fumée excite les abeilles et nous ralentit énormément, la reine descend au fond de la ruche et reste introuvable.
Si nous avions utilisé la fumée, nous aurions certainement mis une journée de plus pour tout transvaser.
Les abeilles que nous utilisons sont majoritairement des carnioliennes produites sur l'île d'Hawaii et sont très gentilles.
Nous avons également beaucoup d'italiennes qui se laissent manipuler assez facilement.
La gestuelle de l'apiculteur est très importante dans ce genre de manipulation car les abeilles ne pardonnent que très rarement les mouvements brusques.
Le retrait du premier cadre est celui qui conditionne toute la visite.
Si l'espace est trop réduit, le cadre va frotter contre celui d'â côté et les abeilles vont se retrouver coincé, la réaction en général ne se fait pas attendre et les abeilles sortent leur dard.
Nous utilisons uniquements des cadres à espacement hoffmann et pour éviter ce genre de désagréments, il nous est donc très facile de pousser l'ensemble des cadres avec le lève-cadre vers le centre de la ruche pour dégager de l'espace.
Une fois qu'il y a suffisament d'espace, il est très facile de retirer le cadre de rive en utilisant le lève-cadre d'un côté et les doigts de l'autre côté.
Si le cadre de rive sort très facilement, les autres ne seront qu'une petite formalité.
Il va de soi qu'il sera plus facile d'écarter des cadres hoffmann sur leur glissière que des cadres standarts sur leur crémaillère.
J'ai utilisé des ruches à crémaillère pendant 20 ans avant de venir ici et je dois dire que l'usage des cadres hoffmann a considérablement changé ma vie, je les conseille à tout le monde.



boite abeille
Collection de cadres de couvain

 

boite pleine
Au repos avant le transvasement

 


arrivage reine
Préparation des reines

Jeudi 22 Mai 2008

+5 degrés ce matin et +18 degrés dans l'après-midi.
Matinée nuageuse et dégagement dans l'après-midi

Mise à part lundi dernier ou il a plu toute la journée, nous sommes vraiment gâté en ce moment.
La chaleur s'est installée et les colonies développent une énergie considérable.
Les pissenlits montrent le bout de leur pétales et les abeilles rafolent de leur nectar.
L'odeur qui régne dans les ruchers ne trompent pas et lorsqu'on ouvre les ruches, on aperçoit maintenant de la cire blanche au sommet des cadres, signe que le miel stimulent les glandes cirières des ouvrières.
Certaines ruches sont encore à la traîne mais petit à petit, on sent qu'elles rattrappent leur chemin.
Il n'aura fallu que deux petites semaines aux abeilles pour redresser la situation.
Le 10 mai dernier, je broyais du noir à longueur de journée et voilà que maintenant j'envisage l'avenir sous de meilleurs hospices.
L'apiculture est vraiment un métier de patience et de passion, et l'humeur du gardien des ruches est souvent mise à rude épreuve.

Cette semaine, j'avais un arrivage de 100 reines en provenance d'Hawaii et avec Gerhard, nous nous sommes mis en quête de couvain dès mardi matin.
Le lundi 19 mai était férié au Canada car il correpond au jour de la reine Victoria et personne ne travaille.
Même si nous avions voulu travailler d'ailleurs, nous n'aurions pas pu en raison des fortes chutes de pluie.

Nous sommes donc parti de grand matin, mardi 20 mai, pour collecter 200 cadres de couvain.
J'avais préparé 50 ruchettes doubles dimanche matin avec Gerhard que j'avais entreposé sur un terrain à 4 kms au nord du village, chaque compartiment contenant un cadre de miel + un cadre vide.
Le timing était très sérré car les cadres devaient être prêt pour l'arrivée des reines en début d'après-midi ce mercredi 21 mai.
Le plan était bien simple car il consistait à prélever un maximum de cadres de couvain dans les ruches doubles qui avaient passé l'hiver dehors (2 cadres de couvain par compartiment).
Ces ruches doubles étaient en bon état et suffisament populeuses pour nous donner toutes les abeilles nécessaires.
Nous avons eu beaucoup de travail car nous en avons profités pour reconditionner chaque ruche qui, il faut le reconnaître en avait bien besoin.
Les 90 ruches que nous avons visitées ont toutes été nettoyées une par une.
Vers 17 h mercredi soir, nous avions réunis nos 200 cadres de couvain dans 23 boites différentes (voir photo du milieu).

Au fur et à mesure que nous remplissons les boites grillagées (voir photo du haut), nous les stockons près des ruchettes à l'ombre sous des arbres.
Les abeilles restent prisonnières pendant quelques heures en attendant le grand transvasement que nous opérons toujours en soirée.
La température fraîche aidant, les abeilles se resserent les unes contre les autres et se rendent compte assez rapidement que la reine est absente.
Bien que les abeilles d'une même boite proviennent de plusieurs ruches différentes, il n'y a jamais de bagarre et nous ne trouvons que très rarement des abeilles mortes au fond des boites.
J'attends toujours 19h30 pour faire la répartition des cadres dans les 100 différents compartiments.
En milieu d'après-midi lorsque le soleil est encore haut, les abeilles sont trop volatiles et nous nous ferions beaucoup trop piquer, c'est la raison pour laquelle nous attendons toujours la fin de soirée.
La fraîcheur du crépuscule ralentit l'ardeur des abeilles et pas une seule ne s'envole lorsque nous décidons de les répartir dans les ruchettes.
Jongler avec 200 cadres de couvain est assez rapide et nous ne passons finalement que très peu de temps pour répartir les cadres équitablement dans toutes les compartiments.

En revanche nous passons beaucoup de temps pour enlever les maudits bouchons de liège qui obturent les cages à reine.
Il faut dire que nous recevons un colis postal rempli de cages qui ne contiennent que des reines, c'est à dire qu'il n'y a pas d'abeilles accompagnatrices dans les cages.
Toutes les abeilles accompagnatrices sont jettées en vrac à l'intérieur du paquet et se baladent en toute liberté.
Pendant toute la durée du voyage, les abeilles s'occupent des reines et leur procurent nourriture et chaleur.

Ce système est très pratique puisqu'il élimine les risques d'emballement des reines dû à la présence d'abeilles accompagnatrices à l'intérieur des cages par contre lorsque qu'il faut enlever des bouchons de liège sur des cages recouvertes d'abeilles, c'est une autre paire de manche et je dois dire que nous perdons beaucoup de temps.
Armé de nos cures dent, nous ejectons patiemment les bouchons puis transperçons le candi de part en part pour faire un avant trou (à peine 1 millimètre).
Bien entendu, nous ne libérons pas la reine, ce serait trop dangereux pour elle mais nous perforons le candi pour faciliter sa libération.
Depuis 5 ans que nous utilisons cette technique, nous n'avons jamais perdu de reines et je dois dire qu'en perforant le candi comme nous le faisons, on se rend mieux compte des difficultés et de l'énergie que les abeilles doivent déployer pour faire disparaître ce bouchon de candi.
Si dans certaines cagettes, le candi est souple, en revanche dans d'autre cagette, il est tellement dur que nous avons du mal à le transpercer avec nos cures dent métalliques.
Le percement d'un petit tunnel facilite grandement la libération et je ne saurai que recommander cette technique.



cage entre cadre
A plat et orienté vers le bas

 

bouchon liege
Décollage du bouchon de liège



perforation candi
Perforation du candi à reine

Dimanche 25 Mai 2008

+11 degrés ce matin et +15 degrés dans l'après-midi.
Nuageux toute la journée avec de la pluie.

Après une bonne semaine bien remplie et une météo extraordinaire, j'ai décidé de me reposer toute cette fin de semaine et c'est bien normal.
Ces derniers jours ont été très durs avec l'arrivage de ces 100 reines et nous n'avons pas ménagé notre peine, un horaire normal nous fera le plus grand bien.

Environnement Canada nous a annoncé un temps orageux pour tout le week end avec un retour du beau temps dès lundi matin, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Au moment ou j'écris ces lignes, la pluie a fait son apparition et c'est tant mieux car nous n'avons pas atteint le niveau de précipitation nécessaire pour arroser suffisament les cultures, nous subissions une petite sécheresse et les fermiers commençaient à se faire du souci..
Hier soir samedi, nous avons eu deux coupures de courant consécutivement à un orage violent qui s'est déclenché dans le lointain, par contre ici à Lourdes, nous n'avons pas vu une goutte.
Cette pluie tombe à point nommé, car derrière, on nous annonce une magnifique semaine.
J'attends un nouvel arrivage de reine pour mercredi prochain et nous aurons donc tout le temps nécessaire pour trouver une nouvelle fois 100 cadres de couvain avant cette date.

La nature autour de nous se réveille tout doucement, c'est le moins qu'on puisse dire.
Nous accusons toujours un retard d'au moins deux semaines à cause du froid persistant que nous avons eu ce printemps.
Les choses bougent vraiment lentement et je serai vraiment étonné de voir les premiers champs de colza fleurir avant le 10 juillet voir même plus loin, c'est du jamais vu.
La plupart des fleurs de printemps que nous apercevons habituellement sont toujours absentes ou montrent timidement le bout de leurs pétales, c'est le cas du "populage des marais" (voir mon dossier fleurs du Manitoba) qui normalement abonde dans les zones humides de la région et qui cette année reste pratiquement invisible.
Si les peupliers ont enfin leurs feuilles, ce n'est pas le cas des autres essences, la nature est encore endormie et a vraiment du mal à faire surface.
Mes sorbiers, mes caraganas, mes arbres frutiers et plein d'autres arbres montraient timidement leur premier bourgeons il y a quelques jours et on voit enfin arriver leurs premières feuilles, c'est très laborieux !!
Côté pissenlit, c'est beaucoup plus sérieux car la nature environnante se teinte de jaune pour le plus grand plaisir de mes abeilles.
Que ne ferions nous pas sans cette floraison ???
Je subodore que le sous-sol est encore gelé au moins partiellement et contribue grandement à cette léthargie générale.
Les semis sont terminés mais là encore, tout est au ralenti.
Les nombreuses parcelles de blé d'hiver commencent à verdir depuis quelques jours mais le blé qui vient d'être semé sort à peine de terre.
En temps normal, je sais depuis belle lurette quelles sont les parcelles qui contiennent du colza car les feuilles de colza sont vraiment caractéristiques mais aujourd'hui j'ai bien du mal à savoir ou les fermiers ont semé ce colza car pour l'instant nous ne voyons rien, c'est dire le retard que nous avons.
La seule parcelle de colza que j'ai pu identifiée se trouve juste en bordure de ma propriété, je l'examine à la loupe depuis plusieurs jours et j'ai pu enfin identifié mes premiers pousses de colza avant hier soir soit bien en retard par rapport à une année normale.
Disons que pour l'instant, la campagne environnante ressemble plus à un immense champ cultivé désertique qu'à de magnifiques parcelles agricole tirées au cordeau, c'est assez triste à voir.

Côté abeille, nous enregistrons de gros progrès, les 12 derniers jours ont été pour le moins salutaires.
Il nous reste toujours une quarantaine de ruches à renforcer soit environ 120 cadres de couvain à trouver (3 cadres par ruche) mais dans l'ensemble, les colonies vont de l'avant et ceci grâce aux pissenlits et bien sûr grâce aux bonnes conditions météorologiques.
Nous sommes obligés d'attendre pour renforcer ces colonies car nous avons énormément besoin de cadres de couvain pour confectionner nos ruchettes.
Ces ruchettes produiront du miel cet été et il nous reste encore pas mal de temps avant le début de la miellée pour renforcer les colonies les plus faibles.
Dans 2 semaines, nous aurons terminé de faire nos ruchettes et il nous sera plus facile de trouver des cadres de couvain à ce moment là.
Dans l'ensemble, nous avons eu beaucoup de naissance ces derniers jours et les populations se sont nettement étoffées, certaines ruches commencent à tirer la cire sur le sommet des cadres et les abeilles se répartissent à nouveau sur 9 cadres plein.
Les ruches qui fourniront du couvain cette semaine, seront équipées de hausses car la miellée de pissenlit démarre et il est grand temps de rajouter de l'espace, je n'ai pas envie de récupérer des essaims dans les arbres alors que nous avons si cruellement besoin de couvain.
Mis à part deux ruches micosées, nous n'avons noté aucun signe de maladie sur l'ensemble du cheptel.
Les plaques de couvain sont bien compactes et ne dégagent aucune odeur particulière mise à part celle du miel.
La loque américaine tant redouté par les apiculteurs ne fait plus partie de notre vocabulaire depuis deux ans alors que nous avons complètement abandonné nos traitements au antibiotique (Tétracycline) depuis 2006.
Le contrôle anti varroa ainsi que le traitement que nous devions faire au mois de mai a dû être repoussé plus loin en raison des problèmes rencontrés ces dernières semaines.
Pour se rassurer et à chaque fois que nous en avons l'occasion, nous extrayons des dizaines de larves de mâles sans constater des niveaux d'infestation dramatiques, loin de là.
Dès que possible, nous ferons un traitement à l'acide formique dont je reparlerai plus tard.



cadre au carre
Un cadre au carré exceptionnel

 

saskatoon
Floraison des Saskatoon


cellule rogner
Rognage en régle d'une cellule

Jeudi 29 Mai 2008

+6 degrés ce matin et +21 degrés dans l'après-midi.
Nuageux toute la journée avec de la pluie intermittente.

Nous n'avons pas pu faire grand chose aujourd'hui car le temps était orageux.
Les nuages ont recouverts la région de Lourdes et par intermittence, nous subissons des averses.
Nous avons passés ces trois dernières journées sur les ruches pour ramasser 104 cadres de couvain.
En effet, nous devions recevoir 50 reines ce mercredi mais en raison d'un jour férié aux états-unis, l'arrivée des reines a été repoussé de 24 heures.
Comme chacun le sait, l'île d'Hawaii est un état américain et ce jour férié a donc été respecté.
Les reines hawaiennes qui était prévu ce mercredi ont donc attendu un jour de plus pour être mises en cage.
Je n'étais pas au courant de ce jour férié et comme à son habitude, la Coop Beemaid à winnipeg qui centralise l'arrivage de ces reines n'a pas fait le nécessaire pour prévenir les apiculteurs.
Résultat des courses, nous avons commencé notre semaine normallement en prélevant 104 cadres de couvain destiné à la confection de 52 compartiments (ruchettes) et ce n'est que mardi que nous avons appris que les reines arriveraient le jeudi au lieu du mercredi.
Inutile de dire que j'étais passablement mécontent car nous aurions pu commencer notre collecte le mardi matin au lieu du lundi matin, ce qui nous aurait éviter de faire attendre des boites complètes de couvain une nuit supplémentaire.
Bref, c'est les aléas du métier.
Concernant les cages à reine, nous avons également eu la désagréable surprise de constater qu'après une semaine dans les ruchettes (7 jours), la totalité des reines n'avaient pas été libéré.
En effet, sur 104 reines introduites, 13 étaient toujours en cage soit + de 10%.
Nous avions remarqué la semaine dernière que nous avions du mal à enfoncer notre poinçon dans certain bloc de candi, alors que d'autres étaient particulièrement mou.
Il fallait se rendre à l'évidence, la compagnie KONA qui fabrique ces cagettes et qui élèvent ces reines avait tout simplement manqué sa préparation de candi à reine car d'ordinaire, les reines sont libres en l'espace de 72 heures.
J'ai immédiatement signalé ce problème à la BEEMAID qui m'a confirmé que je n'étais pas le seul dans ce cas et que d'autres apiculteurs avaient eu exactement le même problème.
Les abeilles ne sont pas en faute car elles mettent toute leur énergie pour dévorer le candi mais si le candi au départ est extrêmement dur, elles auront beaucoup de mal à faire disparaître le bouchon.
Les mandibules des abeilles sont très puissantes mais si le candi ressemble à de la pierre, le processus de libération ne peut être que retardé.
Dans tous les cas, les gérants du magasin apicole (Jake Rempel et Mike Seccombe) m'ont signalé que le nécessaire avait été fait auprès de l'entreprise KONA et que ceux-ci allait corriger le problème.
Nous serons vite fixés car nous avons 50 reines qui arrivent aujourd'hui + encore 50 la semaine prochaine.
Si nos poinçons ont toujours du mal à s'enfoncer dans le candi, il faudra certainement nous y prendre plus tôt pour libérer de nous mêmes les reines.
Notre saison est déjà très courte et chaque jour compte.
Si nos reines restent enfermées 7 jours, c'est 7 jours de ponte de perdus et c'est véritablement très ennuyeux.

Un mot sur les cultures qui nous entoure.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que tout est en retard et je pèse mes mots.
Le mois de juin est là et nous apercevons à peine les colzas qui sortent de terre.
Sans me tromper, je pense que nous avons trois semaines de retard car à cette époque, les colzas sont déjà dehors depuis bien longtemps et recouvrent le sol, c'est à dire que nous ne voyons plus la terre, tout est vert. Il fait beaucoup plus chaud depuis quelque jour malgré une bonne gelée avant hier matin.
La nuit de lundi à mardi a été particulièrement froide et en prévision de ce gel, les gens courraient lundi soir pour recouvrir les plants de tomates.
Le sous sol est toujours froid et perturbe la croissance des végétaux.

Nos abeilles se portent beaucoup mieux ainsi que mon moral.
Les colonies se développent à vitesse grand V et rentrent du miel de pissenlit en grande quantité.
Nous trouvons sans problème des cadres de couvain et commençons même à voir des cellules royales apparaîtrent ici et là.
Nous choississons les ruches les plus fortes, prelevons un dernier cadre de couvain puis installons une hausse pour donner de l'espace à la colonnie.
Les reines ont réparti leur ponte sur la première chambre à couvain et ne demandent qu'à s'installer dans la deuxième boite mais encore faut-il arriver au bon moment pour éviter une congestion du premier niveau, c'est là tout le problème.
Ce qui est énervant dans ce métier, c'est la synchronisation parfois difficile entre la progression des colonies et le travail de l'apiculteur.
A quelques exceptions près, les colonies se développent de la même façon et à la même vitesse.
Aidé par de bonnes conditions météo (chaleur et humidité), les reines atteignent rapidement leur rythme de croisière et répartissent leur ponte sur 7 cadres de couvain, c'est le cas en ce moment.
Pour une exploitation comme la mienne, comment arriver à mettre 700 hausses sur 700 ruches en même temps pour donner de l'espace aux colonies et éviter ainsi leur vélléité d'essaimage, That is the question ?
Chaque année, nous nous retrouvons donc rapidement submergé par le travail car les colonies se sentent à l'étroit dans leur minuscule première chambre à couvain, il faut donc faire vite.
Comme fait exprès, il y a toujours deux ou trois mauvaises journées en plein milieu qui nous ralentissent et pendant lesquelles les abeilles s'empressent de construire des cellules royales, c'est inévitable.
Après des années d'expérience, la meilleure posture que j'ai trouvé, c'est de ne jamais m'énerver après mes abeilles et de dormir sur mes deux oreilles sans penser à mes colonies.
Le travail qui n'est pas fait aujourd'hui peut attendre demain.
Si les colonies décident d'essaimer, c'est la nature mais ce n'est pas la faute de l'apiculteur.
Voilà ma philosophie !!!!